Caricatures de Mahomet : Je hais lIslam ! Entre autres

Que ce soit clair, toutes les formes de racisme et de discrimination me font horreur, je n’ai à ce sujet de leçons à recevoir de personne, y compris et surtout dans ma vie quotidienne. Je tiens à faire cette précision car je sais que cet article va entraîner dans ma BAL et sur les forums les pires accusations. Ces accusations qui tiennent du « Sésame ouvre-toi » lorsqu’on est confronté à des idées non politiquement correcte, et qui permettent de se dédouaner à bon compte d’une réflexion libre. Cette précision faite je vais pouvoir me lancer. Pour moi l’Islam – ou du moins certain de ses adeptes qui agissent au nom de l’Islam - est aujourd’hui la religion qui dans le monde, pratique la pire lutte contre la liberté d’expression de notre temps, le fait que la publication de caricatures de Mahomet dans un journal danois ait entraîné des mises en causes politiques, des appels au boycott, des menaces de mort et des alertes à la bombe est pour moi insupportable. Je veux pouvoir avoir le droit de clamer haut et fort que j’encule Mahomet, tout comme je veux avoir le droit de dire que je pisse sur Jésus. Je veux avoir le droit de dire que je hais l’Islam, ou que je déteste le Bouddhisme. Je veux vivre dans une société ou des écrivains, des cinéastes, des artistes de toute obédience et de toute liberté, puissent exprimer leur passion, leur rejet, leur craintes, mais aussi leur amour ou leur dévotion envers toutes les religions ou toutes les idéologies du monde. Or aujourd’hui, des cinéastes sont poignardés dans la rue, des écrivains sont traînés devant les tribunaux ou obligés de se cacher toute leur vie en raison d’une fatwa officielle d’un pays, et des journaux sommés de présenter des excuses pour avoir osé critiquer l’islam. Pour toute personne soucieuse de la liberté, et de la première d’entre elle parce qu’elle permet d’envisager et de lutter pour toutes les autres, à savoir la liberté d’expression, ceci est inacceptable et terriblement dangereux. Je suis horrifié que le gouvernement Danois se soit senti obligé de présenter des excuses aux musulmans pour ces caricatures. Je lutterais pied à pied contre toute forme de censure, et à fortiori contre des censures visant la création artistique. Je trouve que la mobilisation des intellectuels et des masses à ce sujet est bien faible et c’en est d’autant plus inquiétant, comme si tacitement, on avait déjà déposé les armes contre ce terrorisme intellectuel, contre cette guerre à la liberté d’expression au nom d’obscurantismes moyenâgeux.
Une chose m’avait terriblement choqué il y a quelques mois lors de la mort du cinéaste néerlandais ThéoVan Gogh. En France à cette époque, il y avait une importante mobilisation car une Ourse des Pyrénées, que la presse avait appelé Cannelle, avait été abattue par des chasseurs. Consternation des politiques, des intellectuels et des artistes, manifestations dans les rues, même le Président de la République en avait été de son couplet larmoyant. Mais de manifestation à la mémoire d’un cinéaste assassiné pour ses idées et pour son œuvre ? Que dalle ! Où étaient les valeureux manifestants, les « plus jamais ça » ? Où était Noël Mamer ? José Bové ? Non, rien silence radio, certains articles de presse ont même commencé à dire que Théo Van Gogh était raciste, alors même qu’ils n’avaient rien vu de son œuvre et que ce dernier luttait avec la députée d'origine somalienne, Ayaan Hirsi Ali, scénariste du film, contre les privatisations de leur liberté que connaissent les femmes dans certains pays musulmans. Le film « Submission » n’a rien d’un film raciste, c’est un film qui critique l’islam, et pourquoi donc devrait ont assimiler à un raciste un artiste qui critique dans son œuvre une religion quelle qu’elle soit.
Afin de savoir de quoi on parle, je vous propose de vous faire votre propre opinion sur le film de Théo Van Gogh, vous pouvez le visionner Sur le site de Ayaan Hirsi Ali : Pour information Ayaan Hirsi Ali est toujours sous constante protection policière car elle fait l’objet de très nombreuses menaces de mort. Il est très important de préciser que de très nombreux musulmans sont exactement sur la même ligne que moi, qu’il n’est pas question ici de dire que tous les musulmans sont en accord avec ces atteintes intolérables à la liberté d’expression et qu’ils haïssent ceux qui se livrent à de telles pratiques tout comme moi, ceci dit j’aurais bien apprécié que les communauté musulmanes défilent lors de la mort de Théo Van Gogh pour dire leur opposition à ce meurtre, que des intellectuels musulmans montent au créneau pour soutenir le journal danois qui est aujourd’hui menacé d’alertes à la bombe et pour dénoncer cette abominable terrorisme … J’espère que cela viendra. http://www.islamla.com/le site des musulmans laïques - Pour prouver que tous les musulmans ne sont pas des intégristes et qu'ils savent même se moquer de leur prophète. Vous vouliez des caricatures ? Vous allez être servis. JE BLASPHEME QUI JE VEUX QUAND JE VEUX ! VU ?
Je reproduis également un texte brillant et volontairement polémique de Patrick Declerck intitulé « je hais l’islam, entre autre » car je souhaite que ce genre de texte ne soit pas oublié, ni ostracisé d’aucune manière.
Notre liberté de penser est à ce prix.
Je tiens à dire que je suis disponible pour tout échange civilisé à ce sujet et ouvert à toute critique constructive (tant qu’elle ne démarre pas par l’accusation commode et habituelle de racisme ou de fascisme) sur le sujet. Mon blog est également ouvert à toute personne souhaitant donner son avis sur cette question, même si elle est en désaccord avec moi. Vous pouvez donc m’envoyer vos textes ou vos réponses, je les publierais et les référencerais sur le site.
Allez-y, lâchez-vous !
Amicalement,
ledaoen …
Le lien vers le film "Submission" de Théo Van Gogh http://ayaanhirsiali.web-log.nl/log/2292608 Un texte de Patrick Declerck : Kant rendait hommage à Hume pour l'avoir éveillé de ses années de somnolence dogmatique. Mais s'il était une somnolence dogmatique particulière à la démocratie ? Mais si la démocratie, au-delà de ses institutions politiques, avait la propriété sournoise et insidieuse de créer, de par ses prolongements idéologiques, un effet opiacé, soporifique ? Une douce sidération de la pensée ? Quelque chose comme l'équivalent de l'incision des lobes frontaux, laissant le sujet citoyen plaisamment semi-conscient, mollement béat. Mais si la démocratie était en fin de compte aussi une maladie mentale ?
Je hais l'islam, entre autres..., par Patrick Declerck
Ainsi, par exemple, la proposition : "Je hais l'islam." Voilà bien quelque chose qui, en bonne compagnie, ne se dit pas. Et ce pour plusieurs raisons, qu'ânonnent, dans un bel ensemble, les boy-scouts de tout bord. D'abord, en ces temps de tolérance programmatique et de vacuité d'un respect exigé a priori, "haïr" ne se fait plus. C'est même pratiquement illégal. Et d'un laisser-aller des plus odieux... Ainsi, nos dogmes politico-religieux - et la démocratie a placé l'homme à la place très exacte qu'occupait la divinité dans l'ancienne architectonique de la théologie chrétienne - nous interdisent de penser l'ennemi, de le concevoir, de se le représenter. Bref de le haïr.
Un bel esprit, bien scrupuleusement de centre gauche, annonçait récemment qu'il n'avait pas d'ennemis. Enfant ! Comme si le choix était possible, comme si l'ennemi était subjectif... La subjectivité, l'affect, l'émotion, voilà aujourd'hui ce qui, pour les démocrates, tient lieu de pensée. Aussi la question se pose : la démocratie permet-elle, dans son fondement, dans son essence même, qu'existe encore un fait ? Un fait objectif ? Que subsiste, quelque part, l'heuristique morsure du principe de réalité ? Non. Non, car la démocratie n'est in fine que le dernier masque avili et souillé du christianisme, cette vieille consolation des esclaves de Rome. Cette religion fondée par un homme tellement affolé par la perspective du conflit œdipien face à un père réel qu'il alla jusqu'à s'imaginer, malheureux psychotique, un père céleste... Or "la guerre et le courage ont fait plus de grandes choses que l'amour du prochain. Ce n'est pas votre pitié mais votre vaillance qui jusqu'à présent a sauvé les malheureux." Ainsi parlait Nietzsche ! Ainsi parlait Zarathoustra ! Ainsi parlait la virilité !
En attendant, en face, on s'organise. On s'organise, on planifie, on égorge et on décapite... Je hais l'islam... Mais on ne critique pas l'islam. Ou alors, seulement avec une très prudente obséquiosité et mille précautions langagières. En s'entortillant, confus, dans la périphrase, le néologisme et la litote : ce n'est pas d'islam, mais d'islamisme qu'il s'agirait. Pas de religion, mais de fanatisme. Pas de contre-racisme, mais de communautarisme...
Et l'on se tourne vers les discutables secours des recoins de l'histoire. Morceaux soigneusement choisis. De l'islam, on vante avec nostalgie le passé brillant. On exhume l'un ou l'autre érudit, de préférence sourd, aveugle et sénile. Ça ne manque pas. On le dépoussière rapidement. Et on lui fait rappeler fort à propos que, cependant, Avicenne, au XIe siècle...
Très drôle vraiment ! Un peu comme si Erasme, More et Montaigne effaçaient, de par leur seule grandeur, le scandale des guerres de religions interchrétiennes ou celui de quatre siècles de livres mis à l'Index par l'Eglise de ces catholiques, forts récents champions de la tolérance tout-terrain. Et fort récents parce que, faut-il le rappeler, fort récemment contraints à le devenir...
Les religions sont des névroses de l'humanité, disait Freud. Mais il est, n'en déplaise, névrose et névrose... Le judaïsme tend à la névrose obsessionnelle : le rite pour le rite. Au cœur du christianisme se tapit l'espoir anxieux de noyer le pulsionnel dans un indifférencié asexué : l'amour christique, cette tisane tiède... L'islam, lui, tend à rendre fou parce qu'il instaure un partage entre les sexes extraordinairement et spécifiquement pathologique : une horreur et une terreur de la femme et de sa jouissance sexuelle fantasmée comme toute-puissante.
Face à cette dernière, il ne reste d'autre solution à l'homme que l'oppression farouche de toute féminité. Oppression d'autant plus radicale qu'elle a pour fonction première de recouvrir de son voile phobique le vertige secret, intime, muet, mais omniprésent, de l'impuissance masculine et de son éternel compagnon, la répulsion-tentation de l'homosexualité latente... D'où la nécessité aussi de l'alliance érotisée et défensive des "frères" de l'islam. Devant les hallucinatoires menaces du vagin denté, la sécurité et la fuite résident dans le nombre. Ainsi, pour se protéger, l'homme musulman vit-il en banc. Comme les petits poissons...
Je hais le fait religieux en général, parce qu'il aliène l'homme en lui faisant prendre des messies pour des lanternes. Je hais l'islam en particulier, parce que l'islam est un système d'oppression tragique des deux sexes.
En attendant, en face, on s'organise. On s'organise, on planifie, on égorge et on décapite... J'entends bien qu'indiscutablement une majorité de musulmans désapprouvent ces actes. Pourtant je persiste à haïr l'islam, parce qu'en tant que système de pensée et d'être au monde il permet la guerre sainte. Il permet la charia.
L'égorgement et la décapitation y sont toujours présents, ne serait-ce qu'en tant que possibilité structurelle, car il est au cœur de l'islam, un topos pour cela. Tout comme la pensée tardive de Marx abrite, en son sein, la pérenne potentialité des affres des dictatures prolétariennes. Tout comme le christianisme est inextricablement, consubstantiellement vérolé d'antisémitisme...
Cette haine de l'islam, je revendique publiquement le droit de l'exprimer. Publiquement. Quitte éventuellement à transgresser, oui, les lois de
En ces temps où, une nouvelle fois, la religion fait la guerre, il urge de revendiquer encore, et toujours, et hautement, la dignité supérieure de l'homme sans dieu.
Patrick Declerck est psychanalyste et écrivain, auteur de "garantie sans moraline" (flammarion, 2004).
COPYRIGHT LE MONDE | 11.08.04