ZIMBABWE : la Démocratie en otage? Par Urbain-Roussel M'VOUAMA
« La Démocratie est un luxe que les africains ne peuvent s'offrir. Autrement, il faudra un parti pour chaque ethnie ». Propos méprisants de Jacques CHIRAC suite au discours de la Baule où en 1990, le Président François MITTERRAND exhortait les dictateurs africains à instaurer des régimes démocratiques dans leur Pays ; conditionnant ainsi l'aide de la France à l'égard de l'Afrique.
Hélas ! Depuis ces déclarations aux velléités paternalistes, et dans les deux camps politiques, les Têtes de l'exécutif se sont plus préoccupées à placer dans la « Françafrique », leurs incontournables pions aux ordres du Palais de l'Elysée. Ce aux seules fins de préserver et surveiller les positions acquises depuis les indépendances octroyées ; souvent à coup de corruption des Président africains dits « Amis ». Ces derniers ayant fait de la misère, une arme politique stratégique pour soudoyer ou asservir les opposants et leurs sympathisants..., en vue de se maintenir au pouvoir.
Ce qui nous conduit à réfléchir objectivement au sujet du chaos socio-politique qui prévaut actuellement au Zimbabwé ; où un dictateur désespéré et plus ou moins illuminé, refuse de reconnaître sa défaite. Au point d'organiser en dépit des réprobations de la communauté internationale, une mascarade d'élections présidentielles monopartistes, teintées de terreur et d'intimidation tous azimuts.... «Win or War – la Victoire ou la Guerre » ! Tel est le slogan des partisans du vieux dictateur Robert MUGABE. Mais la guerre contre qui ? Si ce n'est contre ses compatriotes. Car à ce jour, le Zimbabwé n'est pas menacé par un Etat voisin.
Présent au dernier sommet de l'Union Africaine en Egypte, le « Président contesté » a implicitement reçu l'aval de quelques uns de ses pairs, passés maîtres dans l'art de truquer ou empêcher le bon déroulement des scrutins électoraux. « Nous trouverons une solution – Un gouvernement d'Union nationale... », dixit Denis SASSOU- NGUESSO qui en tout cas, n'est pas un exemple de moralité en matière de Démocratie. Il ferait mieux de balayer d'abord devant sa porte, au lieu de jouer au « pompier-pyromane ». Car la démocratie est un Droit universel.
Morgan TSVANGIRAI n'attend pas un « strapontin-consolateur » de la part de l'Union Africaine ou Européenne ; surtout après qu'un despote lui ait volé sa victoire. Il attend l'application sans aucune condition des règles fondamentales de la Démocratie intégrale. En conséquence, les dirigeants africains doivent désormais se mettre au diapason du concert des nations, au lieu de continuer à faire honte à l'Afrique, et plus particulièrement à sa jeunesse vigilante.
En conclusion, je voudrais humblement informer le Président Jacques CHIRAC que de nos jours en Afrique, les partis politiques ne se constituent plus sur des bases ethniques ; mais sur des projets socio-économiques censés répondre aux besoins vitaux des populations. Tout comme en France, les corses, les bretons, les alsaciens et les basques, adhèrent par conviction aux projets des partis politiques de gauche ou de droite. Halte donc à l'afro-pessimisme primaire ! Car pendant ce temps, les concurrents asiatiques et autres..., marchent sur les plates-bandes de la France en Afrique.
N.B. : « Le développement économique, la détente sociale et le progrès culturel d'un Peuple asservi et malheureux, ne peuvent venir de ceux qui l'asservissent ». Michel DELANOE
Urbain-Roussel M'Vouama
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