Colonialisme : cessons la langue de bois.
La polémique sur l’article 4 de la loi du 23 février 2005 qui dispose que « les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer » a été l’occasion d’une lamentable série de déclarations à hue et a dia de tout ce que le microcosme politique compte de politiciens avides de dire ce qu’ils pensent – ou plutôt ce qu’ils croient devoir penser pour être dans le sens du poil de l’électeur visé – sans que, parmi toute cette armée de déclarations, une seule n’ait vraiment, et clairement posé les bonnes questions et parlé des faits, dans toute leur réalité historique. L’histoire n’est pas soumise aux aléas du politiquement correct, elle est ce qu’elle est, elle est disséquée, analysée, comprise dans les faits comme dans les conséquences de ces faits. Comment des hommes politiques responsables peuvent-ils ainsi s’affronter sur des choses connues depuis longtemps, et qui ne souffrent d'aucune contestation chez aucun historien digne de ce nom ?
Le fait colonial français comporte deux faces, comme les faces d’une même pièce, mais deux faces qui existent bel et bien, et qui ne sont pas dissociables.
Alors aux bien-pensant de gauche, prompts à monter sur leurs grands chevaux excommunicateurs en oubliant bien vite que ce sont eux qui ont envoyé les contingents armés en Algérie pour mater la rébellion dans le sang (avec un certain Mitterrand ministre de l’intérieur ne l’oublions pas), ainsi qu’aux amnésiques de la droite, qui confondent bien souvent vérité historique avec le désir de se dédouaner d’une idéologie nationale-impérialiste qui fut bien longtemps leur apanage, je voudrais juste dire ceci :
N’oublions pas que la France coloniale a permis d’éradiquer des épidémies dévastatrices grâce aux traitements dispensés par les médecins militaires, mais n’oublions jamais non plus les 10 000 morts de Guadeloupe en 1802 lors du rétablissement de l’esclavage.
Ne passons pas sous silence que les Français d’outre-mer ont permis la fertilisation de terres incultivables et marécageuses mais n’oublions pas non plus les 90 000 morts de Madagascar en 1947 . Souvenons nous que la France a réalisé des infrastructures que les Algériens utilisent toujours aujourd’hui mais aussi des 45 000 morts de Sétif et des carnages abominables commis pendant la conquête du Congo. Sachons nous souvenir que la France a posé les jalons de la modernité en Algérie en lui donnant les moyens d’exploiter les richesses naturelles de son sous-sol mais souvenons nous toujours des morts, des mutilés, des estropiés d’Indochine et d’Afrique, de la chicote et du carcan, du fouet, des travaux forcés, de l’exploitation et des plantations broyeuses de vies.
L’histoire de l’humanité est double, à la fois sombre et lumineuse, l’histoire est écrite par des historiens, non par des politiques, les faits sont connus, objectivement reconnus, il n’y a donc pas lieu de pinailler dans les hémicycles et les réunions de ceux qui sont chargés de gérer notre pays. Il n'y a pas lieu de décider à L'Assemblée Nationale de ce qui doit figurer dans les manuels scolaires et de ce qui ne doit pas y être, les historiens sont là pour ça. Il n’y a pas lieu de créer ainsi artificiellement des conflits qui n’ont pas lieu d’être. Il y a bien d’autres choses à faire, plus urgentes, et plus capitales pour sauver l’avenir de notre pays, de notre continent, de notre planète.
Ces escarmouches semblent bien lamentables et remplies d’arrière-pensées sans rapport avec les airs hautains et donneurs de leçons affichés par nos politiques.
Au boulot !
ledaoen …