Prince au Grand Palais : La critique

Publié le par ledaoen ...


Comment Prince a pris Paris d'assaut

Venu officiellement suivre la Fashion Week avec sa dernière muse, le Kid de Minneapolis se refait une virginité en s’offrant trois concerts surprises, deux au Grand Palais et un à la Cigale


Avec l’assourdissante machinerie qu’est devenue la mort de Michael Jackson et ces énièmes rebondissements, on en aurait presque oublié celui que l’on a présenté plus d’une fois comme l’éternel rival : Prince Roger Nelson. Né la même année (1958), il est vrai que l’un comme l’autre auront eu affaire à l’androgynie, au métissage musical, entre héritage noir et rock blanc. Mais là où l’artifice aura eu raison du premier, l’authenticité aura sauvé le second.

 

Prince n’aura jamais eu recours au scalpel, que ce soit pour modifier son visage ou sa musique. Musicien avant tout, guitare en main comme arme ultime, Prince vit dans sa forteresse sonique de Minneapolis et n’en sort que rarement. Et si l’enfance et l’adolescence sont au cœur de leurs univers respectifs, chez Prince c’est l’image de la mère qui prédomine, et de le voir régulièrement avec de grandes métisses élancées et généreuses, aux seins lourds et aux hanches larges. Ce n’est pas un hasard si l’on retrouve souvent une femme dans toute sa puissance, derrière la batterie lors de ses concerts (et encore une fois ce fut le cas lors de ces trois derniers concerts parisiens).

 

Ce qui également aura peut-être sauvé Prince, c’est sa propre mise à mort, il y a quelques années, suite aux brouilles avec sa maison de disque, devenant pendant quelques années un symbole d’amour (son logo, unifiant les signes masculin et féminin). L’orage passé, Prince ressort donc sous son prénom. Si Jackson est un mort-vivant, Prince est un zombie. Et, comme dans la description originelle haïtienne, il ne parle pas mais émet des gémissements – son espèce de coït guttural, signature de ses arrivées scéniques - il se nourrit de chair humaine et boite fréquemment d’une jambe : Prince, arrivant à la conférence de presse improvisée hier, avec une canne.

Intéressant de voir qu’aujourd’hui, au moment où l’industrie musicale est à terre, ses nouveaux prétendants deviennent au fil des saisons les accessoires favoris du monstre mode, dévorant tout sur son passage tel un siphon sans fin.
Rihanna, Kanye West, Pharrell Williams, Lily Allen, Beth Ditto, Charlotte Gainsbourg… Ainsi Prince, sûrement avisé par quelques spin doctors bien placés, a-t-il lui aussi succomber à l’attraction des podiums, s’invitant chez Chanel ou Galliano en compagnie de Bria Valente, sa dernière recrue, bombe latine dont le visage orne un des derniers albums princiers. Mais là où la plupart se seraient fondus dans le paysage, Prince lui, détonne.

 

Ses tenues vestimentaires en viendraient presque à voler la vedette aux shows auxquels il assiste. Costume et bottines rouge vif au premier rang de Galliano, costume satiné violet à la soirée Fendi, et l’on remarque également un énorme collier, sorte de plastron cuivré lui couvrant le sternum et un bijou serti de diamants lui cerclant l’oreille. Au jeu du mauvais goût et du décalage, le style Prince surpasse ses petits camarades, et Galliano lui-même apparaît pathétique, comme un ersatz du chanteur poudré. Prince poursuit son offensive, sortant du défilé Chanel au Grand Palais, en lançant l’idée qu’il va lui aussi y planter son étendard. Ce sera dimanche, c’est-à-dire quatre jour plus tard. Prince ne croit pas en la mode, il croit au style. Et il va nous en donner une leçon, en deux temps, et trois mouvements.

Prince est gémeaux, il a toujours aimé et manié la dualité avec perfection. Entre noir et blanc, entre jour et nuit, il s’installe donc au Grand Palais pour deux shows d’exception intitulés « All Day / All Night », à 17 et 22 heures. « All Day / All Night », gimmick qu’il va répéter à satiété, est en fait en référence à un morceau composé en 1984 (que l’on a retrouvé sur l’album d’une protégée, Jill Jones, en 1987). Mis en vente vendredi matin, les onze mille places, à 99 et 149 euros, s’évaporent en quelques minutes. La lumière du jour passe encore à travers les verrières lorsque résonnent les premières notes de l’inépuisable 1999.

Vêtu intégralement de noir à 17 heures, il est en blanc à 22 heures. Pour le reste, les deux concerts se ressemblent, même si le second, plus assuré, durera quelques minutes de plus… Véritable juke box vivant, la première partie est dévolue à un medley sidérant, réunissant aussi bien ses propres morceaux (
 I Feel for You, Little Red Corvette, Cream) que des classiques tels Le Freak de Chic, Play That Funky Music de Wild Cherry, plusieurs hits de Sly Stone ou encore un étonnant Shake Your Body des Jacksons. Ce faisant, Prince assume son statut de garant du funk, formidable machine à faire danser les foules, il puise sa force dans ces vibrations-là, et la transmet à un public ébahi qui hésite un instant à entrer dans la danse. Il enchaîne en revisitant plusieurs tubes de son répertoire, reprenant ça et là les perles du joyaux électro qu’est l’album Parade (1986) - Mountains,Anotherloverholenyohead, Sometimes it snows in April - et un Kiss saupoudré d’un clin d’œil Stonien ( le fameux hululement de Miss You).

À travers ces micro références, plus qu’un simple geste vers les maintenant fameux mash ups façon 2 Many Dj's, Prince fait vivre sa musique - la musique – lui donne corps. Après une longue version de
 Purple Rain qui porte aux larmes tous les quarantenaires de la salle, il renvoie encore une fois la nostalgie au placard en s’accaparant ce Love Bizarre fascinant, composé à l’époque pour Sheila-E. Il est minuit passé de quelques minutes, Prince traverse le Grand Palais, monte dans une Mercedes garée au fond de l’aile gauche et disparaît dans la nuit. Echappée belle qui ne laisse rien au hasard : Mercedez-Benz est partenaire des shows…

Retour en mode zombie ce lundi soir, tard, dans la petite salle de la Cigale. Il est presque 22 heures, Emmanuel de Buretel, patron du label Because qui s’occupe du dernier album,
 Lotus Flow3r, est tendu, il court dans tous les sens. Y a du monde au balcon : De Bernard-Henri Lévy à l’artiste Xavier Veilhan, de Frédéric Beigbeder à Pedro Winter en passant par Jean Michel Jarre, Vahina Giocante ou Emma de Caunes, ça se bouscule pour apercevoir le génie. Le show débute, Prince arrive, chapeau noir espagnol vissé sur la tête, costume noir avec col lamé argent, à l’instar de ces bottines ( manque le masque et l’épée). Il entre tout de suite dans le vif du sujet : Prince joue, s’amuse, n’est plus là pour rassasier les fans en attente de tubes, mais pour laisser place à son inspiration du moment. On peut alors parler de jazz, plus que de funk ou de pop. Il déclare, fier : « Voici de la vraie musique, jouée par de vrais musiciens… ». Se laissant aller à de grandes plages instrumentales où l’on reconnaît de temps à autre un morceau du patrimoine, Forever In My Life,Glamourous Life, ou le nouveau Dance 4 M 

Après plusieurs rappels, d’un
 Come Together des Beatles gentiment funkisé, à unPurple Rain un tantinet forcé, le kid ne se rend pas, invite, comme il l’a fait la veille, une quinzaine de fans transis à monter et danser sur scène à ses côtés… S’accrochant à sa guitare comme à une croix, cherchant un salut mystique au-delà du succès, de l’argent, de son propre mythe, on se rappelle alors cette conférence de presse improvisée, elle aussi, l’après-midi même : « Vous n’avez pas de questions sur Dieu ?» déclare le musicien, l’air grave derrière ses lunettes fumées, « Vous en avez besoin. Nous en avons tous besoin… ».

Par les Inrockuptibles 


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Gérard Manvussat 22/10/2009 23:34


« Ainsi Prince, sûrement avisé par quelques spin doctors bien placés, a-t-il lui aussi ***succomber*** à l’attraction des podiums, s’invitant chez Chanel ou Galliano en compagnie de Bria Valente,
sa dernière recrue, bombe latine dont le visage orne un des derniers albums princiers. Mais là où la plupart se seraient fondus dans le paysage, Prince lui, détonne. »

http://groups.google.fr/groups/search?hl=fr&q=%22zidane+il+a+marquer%22
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Bordel de %#§?£ : le participe passé !
Morne mérou, tu écris fort mal le français :
A ta place, j'irais m'offrir un Bescherelle,
Et le potasserais en mangeant des airelles.

Copie-moi deux cents fois : « Les verbes du premier
Groupe, à l'infinitif, se terminent en « -ER »,
Un E ACCENT AIGU finit le participe
Passé, rentre-toi ça dans l'oeuf nom d'une pipe ! »

(P'tain, j'le crois pas, ça vient des Inrockuptibles en plus ?!)