Marie Bové, ou le syndrome de Jean Sarkozy, ou faites ce que je dis mais surtout pas ce que je fais

Publié le par ledaoen ...

Après Jean Sarkozy, Marie Bové. Éclat de rire général, consternation partagée.

Les intellectuels, les vrais, ceux qui parlent avant de réfléchir puisqu’ils ont pour eux la bonne conscience du savoir, diront que les deux situations n’ont rien à voir. Age, études, parcours de vie, situation des parents, tout est différend. Mais les autres, ceux qui réfléchissent après avoir parlé, auront beau jeu de dire qu’en politique la rationalité n’est pas le seul critère, que comptent aussi le contexte, les symboles, les coïncidences, la mauvaise foi, bref tout ce qui fait la vie des hommes qui ne sont pas que des êtres de raison, sinon nous n’en serions pas là où nous sommes. Voilà donc la gauche, si critique avec le fils de..., confrontée à la fille de... Peu importe les détails, les chemins de la vie, les expériences. Ce qui paraît inacceptable ailleurs, le sésame que procure le nom, peut-il être accepté ici? Comme toujours, la sensation du double discours fait des ravages. Elle atteint ce que la parole publique devrait préserver comme la prunelles des yeux et que les acteurs semblent galvauder avec un acharnement masochiste: appelons cela la crédibilité, l’honnêteté, la constance. 

Est-il pertinent de noter le messager de ce nouveau rebondissement du feuilleton « filles et fils de... »? Oui, sans doute, me réponds-je à moi même dans cet espace unique où je me pose les questions auxquelles j’ai envie de répondre. Ce qui est, au fond, une excellente définition du blog.

C’est Noël Mamère qui a annoncé la nouvelle. C’est lui qui a expliqué que ne voulant pas être candidat pour le compte des écologistes dans la région Aquitaine, il souhaitait que cette responsabilité soit confiée à Marie Bové. Pour parler de Noël Mamère? Car il est membre d’un parti, les Verts, qui proscrit dans ses statuts tout cumul de mandat. Or, Noël Mamère cumule depuis plus de dix ans son mandat de maire de Bègles et de député de Gironde. En clair, il ne respecte pas les règles de l’association à laquelle il a librement adhéré. Et personne, dans son parti, ne cherche à faire respecter les dites règles.

A quoi sert-il de se donner des règles pour ne pas les respecter? Voilà bien le type de paradoxe qui enferme la politique dans sa mauvaise image. 

Par Jean-Michel Aphatie
pour RTL.fr

Publié dans Politique

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