Climat : les armes secrètes de la science pour refroidir la terre

Publié le par ledaoen ...

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1 Arbre artificiel, 1 tonne de CO2 par jour absorbée
 
Les auspices ne sont pas des plus positifs quant à l’avenir de notre espèce, qui semble t-il, pourrait se jouer à Copenhague. En tout cas chacun sait que les décisions -ou l’absence de décisions- des 192 participants vont déterminer la configuration du monde dans lequel grandiront nos futurs enfants.

Entre les légendes Mayas, Nostradamus, et Roland Emmerich, la pression est immense : la communauté internationale doit s’engager dans une voie ou dans une autre. Car c’est de la fin du monde dont nous parlons, ou plus exactement de la suite du monde finit, l’après Kyoto. Pas dupes de la capacité des politiques à se mettre d’accord, les savants (parfois fous) du monde entier réfléchissent depuis 30 ans à la contre-attaque de la civilisation contre cette menace pressante de la nature. Parce que l’entente et les engagements ne suffisent plus, voici quelques voies plus ou moins curieuses pour agir directement sur le réchauffement. L’arsenal scientifique dont nous disposons actuellement s’oriente selon deux options : freiner les effets du réchauffement, ou bien directement refroidir le climat (avec notamment la géo-ingénierie).

Dieu souhaite t-il une solution à l’issue de Copenhague ?

L’opinion publique n’est pas la seule à attendre des mesures concrètes, de l’humilité et de la prudence. Les évangiles aussi réclament la prévention de la fin du monde. Marc (13:32 et 33) affirme que : « Pour ce qui est du jour ou de l’heure, personne ne le sait, ni les anges dans le ciel, ni le Fils (Jésus), mais le Père seul. Prenez garde, veillez et priez ; car vous ne savez quand ce temps viendra ». Matthieu (25:13) estime pour sa part : « Veillez donc, puisque vous ne savez ni le jour, ni l’heure. Dieu n’est pas le Dieu de la peur, mais ce qu’il veut, c’est que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité (1 Tim. 2.4) ». Voilà les efforts du GIEC impérieusement légitimés. Peut-être le salut se trouve t-il dans l’une des pistes évoquées ci-dessous.

Cibler le soleil : écran total

Le concept est aussi simple que mégalo. Il s’agit de placer entre le soleil et la terre (à 1.5 millions de kilomètres pour éviter l’attraction terrestre) un bouclier réflecteur qui ferait office de filtre. On estime que pour diminuer de 2% la puissance des rayons, un ensemble large de 12 000 km et long de 100 000 km est nécessaire. Bien que la technologie nécessaire n’existe pas, on estime déjà le seul coût de fabrication autour des 5 milliards de dollars. Sans compter qu’à une telle distance, le service après vente en cas d’avarie laissera à désirer.

Une fabrique de nuages blancs

Comme tout les corps opaques, les nuages réfléchissent la lumière du soleil. Un groupe de chercheurs anglo-saxons mené par John Latham du Centre national de recherche atmosphérique du Colorado, propose de lancer des centaines de bateaux pour agiter les mers, et stimuler les phénomènes naturels de création des nuages. Il propose également de faire appel à des canons géants dont dispose la marine américaine. D’après lui, il suffit de couvrir 3% du globe de nuages pour contrebalancer un doublement des émissions de CO2. D’autres variantes proposent d’utiliser de tels nuages pour déclencher des averses ciblées. Si les Chinois s’amusent parfois à faire pleuvoir et à disperser les nuages pour les besoins de la propagande, aucune expérimentation ne permet actuellement de calculer la conséquence de la multiplication des cumulus sur le climat ou sur la température au sol.

Lâcher des sulfates dans l’atmosphère

C’est en observant les conséquences des éruptions volcaniques (notamment celle du Pinatubo) que les scientifiques ont réalisé l’effet d’écran produit par les particules sulfatées en suspension dans l’athmosphère.
Fort de ce constat Jay Michaelson propose de profiter de l’aubaine « en autorisant la circulation d’avions sales » qui laisseraient derrière eux les dites particules en suspension. Des rumeurs conspirationnistes accusent les trainées blanches laissées par les avions d’avoir commencé le travail d’épandage atmosphérique (théorie des chemtrails). La base américaines de Gakona en Alaska abriterait aussi des activités secrètes à ce sujet (projet HAARP). Gregory Bedford [téléchargement ici :Download thse_bedford.pdf], Edward Teller ou Lowell Wood sont plus ambitieux. Ils proposent par exemple [rapport en téléchargement ici : Download thse_teller.pdf] d’ «injecter des couches d’aérosol sulfaté réflectif dans la haute atmosphère pour contrer le réchauffement», «d’injecter des poussières submicrométriques dans la stratosphère au moyen d’obus tirés par des canons de la marine ». On ignore bien évidemment les conséquences à long terme d’une telle modification des fragiles équilibres atmosphériques, mais il semble établi qu’un excès conduirait la planète à un «l’hiver nucléaire».

Agir sur les pets des animaux d’élevage

Les animaux d’élevage sont d’importants émetteurs de méthane, l’un des gaz à effet de serre les plus répandus et redoutés. Si on a un temps caressé l’idée de récupérer le gaz à la « sortie » des moutons, la science opte désormais pour une production de flatulences propres. L’observation des Kangourous par des laboratoires Australien à permis d’isoler une bactérie qui optimise la digestion, supprimer le méthane et réduit le coût de l’alimentation. Reste encore à mettre au point les modalités de transplantation de la dite bactérie. Toujours à la pointe, les Australiens ont également mis au point un vaccin « antiméthanogène » pour ruminants, qui permet de réduire la production de gaz jusqu’à 13%, selon l’alimentation. Dans la même veine, l’institut de recherche Rowett d’Aberdeen au Royaume-Uni a travaillé sur la mise au point d’un additif (Acide fumarique) qui permet de réduire de 70% les émissions de méthane, par la capture de l’hydrogène dans l’estomac avant qu’il ne devienne méthane. Des essais satisfaisants sont en cours sur les moutons.

Pallier au réchauffement

Un sac isotherme pour protéger la glace

La fonte des glaciers, et donc la diminution des réserves d’eau douce représentent l’un des menaces les plus directes pour la survie de l’espèce. La Suisse et l’Autriche on vu la masse de leurs glaciers diminuer de près 5% en 15 ans. La solution de la couverture a été élaborée en 2005 par des chercheurs de l’université d’Innsbruck. Grâce à un textile non polluant qui augmente la réflexion des rayons du soleil, il est possible de réduire de 60% la fonte des neiges éternelles sur une année. Les scientifiques ciblent les zones plus exposées car le vent et le relief interdisent souvent une couverture complète. La solution n’emballe pas tout le monde : à 3 euros le m² de couverture, on atteint vite des fortunes pour des glaciers qui font facilement plus de 200 hectares, dans les alpes françaises par exemple.

Une architecture réfléchissante pour un monde réchauffé

Dans la perspective de villes changées en micro ondes par le réchauffement climatique, des urbanistes écolos envisagent de peindre en blanc les toits et façades de la plupart des bâtiments, comme on le fait par exemple autour de la méditerranée. Le Ernest Orlando Lawrence Berkeley National Laboratory (LBL, Californie), L’université de Columbia à New York, ou encore le spécialiste du climat Hashem Akbari ont établit qu’une telle mesure, appliquée à 100 des plus grandes villes du monde, pourrait éviter la production de près de 50 mégatonnes de gaz à effet de serre. Cette approche a été validée suite aux observations faites aux abords des énormes étendues de cultures sous serre d’Alméria en Espagne.Les 30 000 hectares de bâche plastique expliqueraient pourquoi cette zone est la seule du pays où les températures baissent. D’autres mesures du genre proposent par exemple de creuser de larges avenues dans le sens des vents dominants. Le recours à un écran réflecteur, formé par la dispersion de milliers balles blanches dans l’océan, a également été évoqué. 

Puits de Carbone et arbres OGM et algues au fer

Le recours au « puits de carbone » est déjà connu du grand public et exploité par certaines entreprises gazières en mer du nord : cette pratique est l’une des pistes d’action concrète poursuivie par le gouvernement français, souligne Regis Meyer de la mission interministérielle de l’effet de serre. Mais les « puits de carbone » connaissent des formes diverses. Depuis plusieurs années, la Chine ou les États-Unis tentent d’augmenter la capacité d’absorption de leurs forêts en plantant des arbres génétiquement modifiés pour fixer plus de CO2, un plan déjà pris en compte lors du protocole de Kyoto. Une autre piste explorée vise à démultiplier les algues pour favoriser l’absorption naturelle du carbone dans les coéans. L’institut MBARI en Californie tente à ces fins depuis 2002 (projet SOFEX Southern Ocean Iron Experiment), de fertiliser les fonds marins à l’aide de limaille de fer. Cependant l’impact de la production de ce fertilisant implique un dégagement de CO2 supérieur à ce que les algues pourraient absorber. En outre, On ne maitrise pas suffisamment les conséquences d’une telle fertilisation sur les autres espèces marines, et une prolifération de bactéries nuisibles (produisant du NO2, un gaz bien pire que le CO2) est à craindre. Enfin des doutes persistent quant à la capacité des océans à stocker durablement le CO2.

Capter le C02 dans un arbre artificiel 

Plus assez d’arbres pour stocker le carbone ? Fabriquons les ! C’est le postulat soutenu par Klaus Lackner de la Columbia University. Il a inventé un systèmes d’arbres artificiels, plusieurs milliers de fois plus efficace pour le stockage qu’un arbre de taille équivalente : 1 tonne de CO2 par jour. Ces « arbres » filtrent le vent au travers d’une « feuille artificielle absorbante » jusqu’à saturation. Le filtre est ensuite lavé et le CO2 stocké. Reste le coût élevé de chacune de ces machines, environ 30 000 euros pièce.

Agir sur la production et la diffusion de l’énergie

Plus pragmatique, le génial architecte et mathématicien américain Richard Buckminster Fuller(inventeur des dômes géodésiques très à la mode dans les 70’s) a imaginé lui, un réseau mondial où l’électricité circulerait entre les régions du globe selon les fuseaux horaires. Le jour à Paris, la nuit à New-York. Ceci permettrait de faire d’énormes économies d’énergie, sur le principe de la synergie. Reste qu’un tel réseau suppose une entente cordiale entre les peuples, qui est encore loin d’être acquise.

Osmose électrique

La Norvège inauguré le 24 novembre dernier cette année une centrale utilisant le principe de l’osmose, un procédé simple qui pourrait constituer une solution de complément viable pour la production d’énergie. Ce procédé déjà étudié dans les années 70, exploite à l’aide d’une membrane, la pression osmotique qui agit entre l’eau douce et l’eau de mer, partout où elles se rencontrent. L’eau douce étant systématiquement attirée par l’eau salée, le degré de salinité produit un mouvement exploitable pour produire de l’énergie. Ceci permet par exemple de pomper de l’eau sans dépense d’énergie pour alimenter un barrage. Reste que cette solution reste gourmande en eau douce, une ressource déjà en voie de raréfaction et très affectée par le réchauffement climatique.

Les excréments énergétiques

Cette option a séduit le Musée des Sciences de Londres, qui étudie depuis 2004 un moyen d’exploiter les excréments des 3 millions de visiteurs qui se pressent tous les ans dans ses salles. Selon un procédé élaboré aux USA, il est en effet possible d’exploiter l’énergie produite par les bactéries qui dissolvent les déjections.

Sur une base de 3 millions de visiteurs par an il serait possible de générer plus de 1500 kw/h et donc d’alimenter 15 000 ampoules par an. Le projet qui consiste à utiliser la matière recueillie comme combustible pour alimentant une mini-centrale électrique. La piste de la transformation en pile à combustible microbienne est également explorée. Mais le coût d’une telle installation reste inconnu.

MdB, pour Slate.fr

Publié dans Science

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