L'idéologie nationaliste en France, et les origines néofascistes de Lepen et du Front National.

Publié le par ledaoen ...

"ce courant d’idée que porte aujourd’hui le FN avec son satellite le MNR, est directement issu des pires courants de pensée nationalistes qui ont survécus à la deuxième guerre mondiale en se fondant dans de nouvelles peaux."


A quelques semaines des élections présidentielles, élections dont l’issue est plus qu’incertaine, et au sujet de laquelle je me garderais de tout pronostic, même au sujet de la présence du Front National au deuxième tour, ce qui pour moi reste aujourd’hui tout à fait probable, j’ai voulu par ce modeste texte revenir sur cette idéologie qui a gangrenée le XXe siècle, qui a embrasé l’Europe à deux reprises, et qui fut à l’origine du pire de tous les massacre jamais organisé par l’humanité. Je veux parler de l’idéologie nationaliste.

Je voudrais rappeler aussi, à l’heure où il est de bon ton de trouver à Le Pen et sa famille des airs de respectabilités, surtout depuis qu’il affiche des « beurettes » sur ses affiches électorales, que ce courant d’idée que porte aujourd’hui le FN avec son satellite le MNR, est directement issu des pires courants de pensée nationalistes qui ont survécus à la deuxième guerre mondiale en se fondant dans de nouvelles peaux.

Ce texte sera long, sans doute un peu ardu et documenté, mais il n’est pas mille façon de lutter contre le FN, il n’y en a qu’une, le démasquer, montrer de quel bois il est fait et de quelle bouillie intellectuelle nauséabonde il est issu, et cela avec des faits, des preuves, des arguments. Allez bêler dans les rue que « l’Abbé Timonde ne passera pas » ou autre « F comme fasciste et N comme Nazi tra la la » ne fait que renforcer l’image assagie que tente de se donner le vieux borgne néo-bardèchien.

Alors lisez, et imprégnez vous des faits, il n’y a pas meilleur moyen pour lutter contre cette idéologie.

A bon entendeur, salut, et joyeuses fêtes de la nativité.

Ce travail est une tentative de présentation de l’idéologie nationaliste et plus particulièrement de celle qui sévit en France depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

Il s’avère en effet que si l’on est assez bien informé au sujet de la naissance de ces thèses à la fin du 19e siècle et de leur propagation au début du 20e avec les conséquences funestes que l’on sait, il est rare d’en voir exposé la renaissance lors de la deuxième moitié du XXe siècle.

Nous avons longtemps eu tendance à penser que ce courant était mort, définitivement discrédité avec la découverte de la Shoah et des camps de la mort, l’une de ses conséquences ultime. Or ce mouvement connaît actuellement en Europe centrale un renouveau spectaculaire après de longues années de reconquête de l’opinion. Comment cela a-t-il été possible ? Comment cette idéologie responsable de tant de massacres a-t-elle pu ainsi renaître au point de menacer aujourd’hui les démocraties européennes et plus particulièrement la France ? Voilà ce que je j’ai tenté de comprendre.

J’estimais par ailleurs que le masque de respectabilité que tente d’afficher ce mouvement en France, en essayant de faire croire qu’il n’a pas de parenté idéologique avec le fascisme, le nazisme ou le stalinisme devait être déchiré.

Les liens sont évidents, connus, historiquement démontrés voire assumés par les représentants actuels de l’idéologie nationaliste.

Or c’est justement ce double jeu très habile des néo-nationalistes, mais aussi l’absence d’informations sur la transformation de ce courant de pensée au cours de la deuxième moitié du 20e siècle qui a permis au représentant le plus radical de cette idéologie en Europe, d’être pendant 15 jours en 2002, le président potentiel de notre République.

Le mot nationalisme est sans doute l’un des plus utilisés dans la littérature historique, politique et journalistique actuelle

Après une présentation rapide, terminologique et historique du nationalisme, je tenterais de développer plus longuement l’historique de la montée des mouvements nationalistes en Europe et plus particulièrement en France durant ces 60 dernières années et surtout comment les thèmes racialistes, antisémites, conspirationnistes, thèmes constants de cette idéologie, ont pu être remis au goût du jour malgré l’horreur de la Shoah, et comment ils font toujours aujourd’hui, partie intégrante de la rhétorique du Front National en France, sous des habits quelque peu relookés.

Le mot nationalisme est sans doute l’un des plus utilisés dans la littérature historique, politique et journalistique actuelle. Mais il est aussi l’un de ceux qui révèle le plus d’ambiguïté. Il aparaît comme une réalité fuyante, omniprésente mais insaisissable et multiforme. Le nationalisme est plus souvent exalté ou déploré que clairement défini, décrit ou inventorié.

De plus, même si l’histoire terminologique de ce mot est récente, elle semble singulièrement complexe. Il apparaît par exemple que les significations actuelles et usuelles de ce mot soient sensiblement différentes en France, en Grande Bretagne, en Italie ou en Allemagne.

L’adjectif « nationalist » est mentionné pour la première fois en Grande Bretagne en 1715 (très largement avant l’apparition du substantif « nationalism »). Ce dernier est pour la première fois mentionné en français dans un texte de l’abbé Barruel en 1798 qui stigmatisait le patriotisme jacobin révolutionnaire : « Le nationalisme, écrit-il, prit la place de l’amour général. Alors il fut possible de mépriser les étrangers, de les tromper et de les offenser ».

Le terme n’apparaît qu’en 1874 dans le grand dictionnaire universel de Pierre Larousse. Il y est défini comme une préférence aveugle et exclusive pour tout ce qui est propre à la nation à laquelle on appartient, mais aussi comme le désir d’existence des peuples à l’état de nation indépendante. Une troisième signification viendra se greffer sur les deux premières, celle que lui donneront à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle certains doctrinaires politiques tels que Barres puis Maurras.

Pour eux, le nationalisme désigne un système de pensée essentiellement fondé sur l’affirmation de la primauté dans l’ordre politique de la défense des valeurs nationales et des intérêts nationaux. La défense de ces intérêts étant bien entendu plus importante que les moyens utilisés pour y parvenir, d’où une défense concomitante du totalitarisme.

Pourtant c’est bien en France, autour des années 1886-1887 que va s’affirmer le courant nationaliste,

On le voit donc, le mot nationalisme a des significations multiples. Aujourd’hui, dans le langage courant, il répond à trois définitions :

    -  Soit il est utilisé pour stigmatiser certaines formes outrancières de patriotisme (il est alors synonyme de chauvinisme)

    - Soit il est utilisé pour désigner les revendications d’un peuple assujetti aspirant à l’indépendance.

    - Soit il représente un courant de pensée représenté au sein de certains mouvements qui sont ordinairement situés à l’extrême droite de l’échiquier politique.

C’est spécifiquement de ce courant de pensée dont je voudrais vous parler, et plus particulièrement des formes et des rhétoriques qu’il a développé après la seconde guerre mondiale et jusqu’à aujourd’hui, en France, où un parti politique se réclamant ouvertement de cette idéologie est devenu la deuxième force politique du pays.

On semble s’en étonner…

La revendication d’un état fort, l’appel au sauveur, la méfiance et l’hostilité à l’égard de l’étranger, l’exaltation du drapeau et de la gloire militaire

Pourtant c’est bien en France, autour des années 1886-1887 que va s’affirmer ce courant nationaliste, le nationalisme des « nationalistes » puisque c’est ainsi qu’ils se définissent eux même. Le mouvement boulangiste, même s’il est né à gauche, en constitue la première expression. La République, du moins sous sa forme parlementaire, est accusée d’oublier les grands impératifs nationaux. On en appelle donc au soldat, seul capable de restaurer la dignité et l’unité nationale. C’est ainsi qu’à la fin du XIXe siècle, le parti nationaliste s’est structuré autour de la notion de défense et de protection. Protection contre les menaces extérieures, mais aussi et surtout contre les menaces intérieures, tout ce que Maurras désigne sous le nom d’anti-France : doctrines du cosmopolitisme et de l’internationalisme, pacifisme, franc-maçonnerie, juifs et apatrides. Multipliant les exclusions et les interdits, le nationalisme s’enracine dans la certitude de représenter seul les grands intérêts de la patrie.

Si le phénomène est né en France, il se retrouve dans les premières années du XXe siècle, avec des nuances doctrinales et des étiquettes variées, avec une importance plus ou moins grande dans presque toutes les démocraties occidentales. Pour certains historiens, cette idéologie est directement responsable du grand embrasement de 14-18.

En ce qui concerne le fascisme et le national-socialisme allemand, malgré leurs origines diverses et leur spécificité liés à l’histoire des pays qui les ont abrités, ils ne sont que l’expression la plus absolue de la rhétorique des divers mouvements nationalistes de la fin du XIXe siècle.

La revendication d’un état fort, l’appel au sauveur, la méfiance et l’hostilité à l’égard de l’étranger, l’exaltation du drapeau et de la gloire militaire sans oublier un certain souci de réformisme social en sont les éléments les plus visibles.

Bien entendu, la révolution nationale de la France de Vichy, émanation juridiquement légale de la IIIe République ne l’oublions jamais, est une tentative d’application intégrale des doctrines nationalistes française du XIXe.

Bardèche est, en importance comme en chronologie, l'un des premiers théoriciens de ce néo-fascisme.

A la fin de la 2e guerre mondiale, la révélation de l'existence des camps d'extermination ont placé l'extrême droite sous une opprobre morale sans précédent : elle était le champ idéologique qui mena à forger le mot génocide, à créer la notion de crime contre l'humanité. La mise en pratique de l'assassinat de masse a délégitimé la théorie raciste, mais, en France, c'est surtout le discours ultra-nationaliste de l'extrême droite qui est mis en cause : collaboratrice du IIIe Reich elle est montrée du doigt en tant que traître à la Nation. La condamnation morale et civique qui frappe l'extrême droite a eu pour effet de frapper d'anathème son idéologie.

Cet état de fait a forcé le mouvement nationaliste à connaître un certain passage à vide dans les premières années qui ont suivi la fin de la 2e guerre mondiale.

Leurs rangs vont toutefois recommencer à se gonfler avec le refus du processus de décolonisation.

Parallèlement, les intellectuels de cette mouvance vont être chargés de restructurer l’idéologie et la propagande nationaliste car les anciens slogans ne pouvaient plus être utilisés directement, d’autant moins que la législation anti-raciste sera renforcée en 1949, 1966,1972 et 1990.

En s’appuyant largement sur les idées d’autres mouvements politiques, ils vont mettre en place un nouveau mythe mobilisateur. Bardèche est, en importance comme en chronologie, l'un des premiers théoriciens de ce néo-fascisme. Dès 1948, il publie le premier ouvrage négationniste, Nuremberg ou la Terre promise, qui lui vaudra quelques jours de prison et un grand prestige à l'extrême droite. Il participe à la tentative de création d'une internationale néo-fasciste, le Mouvement Social Européen (MSE). Le MSE prône la construction d'un empire européen anticommuniste, corporatiste, placé sous la direction d'un chef désigné par plébiscite. Bardèche se voit confier la tâche de fédérer les divers groupes néo-fascistes français, puis, face au peu de goût de l'écrivain pour ce genre d'opérations, de créer une revue devant diffuser les thèses du MSE en France. Ce sera Défense de l'Occident qui, de 1952 à 1982, disposera des contributions des principaux intellectuels extrémistes de droite et jouera un important rôle en tant que laboratoire d'idées. La revue va chercher à diffuser de nouveaux thèmes, dont le négationnisme et l'anti-sionisme.

Toujours dans l'optique de propagande du MSE, Bardèche publie un ouvrage de définition de sa conception géopolitique, qui influencera toute une conception du nationalisme. Il y expose longuement que les Etats Unis ont tué le mauvais cochon durant la Seconde Guerre mondiale, que l'antifascisme n’a été qu'un artifice de la domination bolchevique. Seuls les nationalistes qui ont toujours combattu le communisme sont aptes à construire l'Europe anticommuniste. Cet anticommunisme ne veut pas dire convergence de vue avec les Etats Unis, l'Europe nationaliste se devant d'être indépendante des blocs.

La guerre d’Algérie va donner une dynamique à l'unité d'action entre les nationalistes d'Europe, apportant volontiers leur soutien à l'OAS

C’est également l’époque de la résurrection du conspirationnisme, cher aux nationalistes.

En 1973, la presse d'extrême droite, mais aussi Le Monde diplomatique ou L'Humanité accuse la commission Trilatérale, club néo-libéral fondé par Rockefeller, de créer des hommes d'Etat (MM. Barre, Carter et Giscard d'Estaing). Cette trilatérale va alimenter tous les fantasmes de l’extrême droite. Henry Coston, le théoricien du complot juif, depuis les années trente jusqu'aux colonnes de la presse frontiste, travaillera à diffuser l’idée qu’elle est le dernier avatar du complot juif mondial. Créant des chefs d'Etat, la Trilatérale préparerait ainsi le gouvernement juif mondial.

C’est ainsi que fut relancée la rhétorique antisémite des nationalistes. Subrepticement, ils ont remplacé un antisémitisme racialiste (celui d’avant la guerre) par un antisémitisme conspirationniste, amalgamant l’état d’Israël, le sionisme et un supposé lobby juif mondial qui auraient pour but d’imposer un gouvernement juif mondial et dont les Etats Unis seraient les complices. Le même Coston invente à la même époque l’abject concept du « mythe de la Shoah » qui servirait à dissimuler les crimes commis par Israël.

Duprat a joué un rôle moteur dans la construction d’Ordre Nouveau, puis du Front National où il regroupe autour de lui les différents mouvements néo-nazis et néo-fascistes.

Puisque la Loi Pleven interdit dorénavant la publication d’assertions racistes, L’antisémitisme se déguise alors en anti-sionisme et en négationnisme.

Voilà comment l’extrême droite française a pu réactiver son antisémitisme 25 ans après la fin de la deuxième guerre mondiale.

Mais il lui manque encore un thème mobilisateur d’actualité pour passer d’un essaim de groupuscules encore extrêmement minoritaire à un réel mouvement politique unifié et ouvertement nationaliste.

En 1971, François Duprat, théoricien de l’extrême droite, va publier dans le journal Défense de l’occident un article où il prétend que la baisse démographique en France est concomitante d’une progression de l’immigration, particulièrement nord-africaine. Tout comme le conspirationnisme permet à l’extrême droite de rationaliser son antisémitisme, le thème anti-immigré va lui permettre de rationaliser son racisme.

Duprat a joué un rôle moteur dans la construction d’Ordre Nouveau, puis du Front National où il regroupe autour de lui les différents mouvements néo-nazis et néo-fascistes. Il devient le responsable de la stratégie et de la propagande frontiste, le numéro 2 du parti. Il impose ses thèses à M. Le Pen, qui dénonce le PCF comme cinquième colonne, les immigrés étant la sixième. Duprat invente aussi le slogan, ouvertement inspiré d'une affiche antisémite du parti national-socialiste : Un million de chômeurs, c'est un million d'immigrés de trop ! La France et les Français d'abord !.

Duprat avait compris que le racisme en se donnant des airs d'objectivité, d'analyse économique et de responsabilité sociale, pouvait devenir l'instrument de résurrection du nationalisme.
Le thème de l'afflux d'immigrés se lie à celui du, je cite, « génocide des enfants français », fin de citation, par la légalisation de l'avortement.
Duprat développe également, de manière tout à fait ouverte, la vision géopolitique mondiale suivante : Le sionisme est censé être une machine mondiale impérialiste, colonialiste et raciste ayant pour bras séculier Israël, nouvel Etat fasciste. Un fascisme issu du capitalisme financier chercherait à s'étendre par le complot sur l'ensemble de l'humanité.

Domination-colonisation culturelle, économique, politique qui donne un sens au combat de l’extrême droite, ce sens qu'elles recherchaient désespérément depuis que la perte de l'Algérie française leur avait ôté le seul thème politique mobilisateur de l'après Seconde Guerre mondiale.

Je cite Duprat en 1976 :

Notre pays n'est plus qu'une colonie (...). nous avons mis à nu le processus de colonisation et d'exploitation de la France par une toute petite clique extérieure à notre peuple, un Parti Communiste avide de profiter de cette décrépitude pour s'emparer du pouvoir, flanqué sur sa gauche par des pseudo-révolutionnaires, manipulés par le Sionisme.

Les néo-fascistes peuvent ainsi enfin se situer du côté de l'opprimé et non de l'oppresseur, faire renaître « le fascisme de gauche », mais toujours contre les Juifs. Le premier mode de domination de ceux-ci serait, à en croire Duprat, le « mythe de la Shoah », aussi devient-il le principal propagandiste négationniste. Le but de cette propagande n'est donc pas tant de dénoncer le soit-disant mensonge de la Shoah par le biais d'artifices dialectiques, mais de démontrer qu'elle n'aurait été inventée que pour servir le complot juif mondial, ce qui démontrerait l'existence de celui-ci.

Il importe donc de lier de manière absolue antisémitisme conspirationnisme et négationnisme, ils constituent un mode de résurrection du nationalisme politique et le FN en est le porte-voix en France.

Un autre élément va permettre au Front National de s’intégrer encore plus profondément dans les esprits, c’est ce que Monsieur Badinter a appelé la « lepenisation des esprits », c’est à dire la reprise par certains politiques de droite et de gauche à des fins électoralistes, d’une rhétorique immigrée calquée sur celle du FN.

En 1991, Valery Giscard d’Estaing déclare que le type de problème auquel se trouve confrontée la France se déplace de celui de l'immigration vers celui de l'invasion (Interview au Figaro magazine, 22 septembre 1991), en 1988, François Mitterrand parle de seuil de tolérance, en 1992, Jacques Chirac du bruit et l’odeur et en août 1998, l'ancien Premier ministre Edouard Balladur estima naturel de s'interroger sur la mise en place de la préférence nationale. La classe politique, en récupérant langage et idées frontistes, avalise et légitime ceux-ci et constitue dès lors un élément central de sa légitimation et de sa lente pénétration des esprits.

Ne nous trompons pas. Le FN n’est rien d’autre que le regroupement (qui eut lieu en 1972) des différentes mouvances nationalistes, fascistes et national-révolutionnaires qui existent en France depuis le début du siècle, regroupement auquel s’est ajoutée une mouvance catholique-intégriste. Les thèmes de ces mouvements, s’ils se sont enrobés d’habillages pseudo-scientifiques et se drapent dans une rhétorique assagie, n’en restent pas moins les même exactement qui ont conduit au grand charnier de 14-18 et à l’horreur absolue de la période 1933-1945. Antisémitisme (camouflé en antisionnisme et conspirationnisme), racisme (camouflé en lutte anti-immigration), autoritarisme national totalitaire (la nation passe avant tout, y compris les libertés et les droits de l’homme), anti-parlementarisme et populisme, conspirationnisme anti-maçonnique.

Il s’y est ajouté depuis le négationnisme abject, tendant à faire croire que la Shoah est un mensonge créé de toute pièce par les juifs et que ce sont les juifs qui auraient gagné la guerre. Et ainsi assis leur domination sur le monde.

Le FN n’est donc pas juste un parti qui se situe à la droite de la droite, un peu plus radical que les autres, non, il est en France, aujourd’hui, un mouvement implanté, puissant, incontournable dans le paysage politique, qui exalte exactement les thèmes qui ont mené aux pires massacres de ce siècle, quel que soit l’habillage sous lequel ils se sont camouflé. Lorsqu’on observe le renouveau de cette idéologie en Europe et qu’on la compare à la situation des années 30, on ne peut s’empêcher de se poser cette angoissante et douloureuse question : L’histoire peut-elle se répéter ? L’histoire ne se répète-t-elle pas déjà ?

Ne nous trompons pas. Le FN n’est rien d’autre que le regroupement (qui eut lieu en 1972) des différentes mouvances nationalistes, fascistes et national-révolutionnaires qui existent en France depuis le début du siècle

N’oublions pas que ce mouvement de pensée est né en France, Pays des droits de l’homme ou non et qu’il y a déjà réalisé une mise en application au cours de ce siècle. Nous aurions sans doute du commencer à balayer devant notre porte avant de vouloir donner des leçons aux autrichiens ou aux italiens, pays dans lesquels les mouvements d’extreme-droite sont beaucoup moins radicaux que le Front National.

La vigilance est de mise.

Bien à vous.

ledaoen ...

Publié dans Histoire

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benoit 22/04/2014 10:30

Bravo et merci pour cet excellent article nécessaire en cette période ou trop de médias banalisent cette progression du fascisme. Respects et solidarité.

français 04/01/2013 15:39

enfin les plus gros genocides et massacres sont surtout le fait du communisme ya pas photo!

Momo 04/11/2012 22:49

Bonjour

Vos rappels à propos du nationalisme français sont judicieux puisqu'ils donnent de l'urticaire au F-Haine.

Toutefois , à mon avis , la vérole du nationalisme en France , ne se limite pas à son cloaque lepéniste atavique à l'extrême droite . Le mal est plus profond parce que les nationalistes essaient de
s'implanter dans tous les partis ou presque et de créer dans l'ombre des passerelles nationalistes

Parfois je me dis que les plus dangereux ne se situent pas forcément chez les crânes de fer abrutis . Avec ses génocides et cinquante millions de morts à son passif , Hitler fut certes l'abruti
fatal , mais il ne fut pas le concepteur du national-socialisme , machine de guerre implaquable pour la conquête du pouvoir par un nationalisme vengeur. Hitler , le tribun qui fanatisait les foules
nationalistes , n'en était pas moins trop con pour concevoir cela . Le concepteur de cette machinerie politique infernale était Otto Strasser , le salopard nazi équipé d'un cerveau et qui devint
par conséquent la bête noire d'Hitler . L'Otto s'étant tiré en auto , le führer se vengea finalement sur son frangin Georg , gros con en chef du NSDAP à Berlin avant d'être saigné sur ordre d'
Hitler pendant la nuit des longs coûteaux. Bien conscient de la dangerosité conceptuelle de l'Otto , les alliés le gardèrent en résidence surveillée dans une petite ville du Québec jusqu'en 1954,
sans motif très avouable . Ils ne pouvaient quand même pas lui reprocher de s'être tiré d'Allemagne lorsqu' Hitler y était arrivé au pouvoir en janvier 1933. Un nazi équipé d'un cerveau c ' est
particulièrement abominable , même s'il ne sait pas haranguer les foules pour devenir lui-même führer.

Autre nazi équipé d'un cerveau , François Duprat fit son apparition en France quelques décennies plus tard . Son élimination par on ne sait qui , ne fut pas pour autant judicieuse puisqu'elle
permit à la grande gueule de Le Pen de régner sans partage sur le F-Haine que Duprat lui avait servi clés en main , si je puis m'exprimer ainsi.Le maître d'oeuvre de la stratégie du F-Haine ne fut
bien sûr pas Le Pen , mais Duprat.

Pour mémoire , le néo-nazi Duprat , fut formé politiquement à l'adolescence par les Lambertistes , la sous-variété trotskyste qui est demeurée indéfectiblement attachée à sa mutation nationaliste
des temps d'occupation au RNP de Marcel Déat .

Déat était un intellectuel brillant mais Léon Blum qui ne l'était pas moins n'était pas disposé à céder la place à ce jeune ambitieux à la tête de la SFIO . Alors Déat intrigua sur l'aile gauche
qui bien avant Chevènement et Mélenchon était déjà noyautée par les nationalistes . Finalement , Léon Blum parvint à virer Déat de la SFIO. Cependant , en 1939 , le nationalisme "de gauche"
enfourché déjà depuis bien des années par Déat , ne le situait pas encore chez les verts de gris puisqu'il demeurait l'une des principales figures du comité de vigilance des intellectuels
antifascistes . Comme nous le savons , il n'allait pas beaucoup tarder à virer fasciste et même nazi tendance rouge-brun avec son RNP , le parti collabo national-socialiste qui faisait semblant d'
être de gauche . Les JNP ( jeunesses nationales populaires ) étaient d'ailleurs autorisées à chanter en français l'hymne dde feu le parti communiste allemand , avec la bénédiction des nazis .

A postériori , la ficelle paraît assez grossière , surtout quand on sait qu'après guerre , le staff de Déat a poursuivi ses activités au service de la droite dure et du patronat . Albertini qui
secondait Déat au RNP devint ensuite l'éminence grise de Pompidou et de chargea de former la droite nationaliste dure des Juillet , Garaud , Pasqua ( le "tonton" Charles de Sarkozy).

Membre bien connu du staff de Déat , lui aussi , Guy Lemonnier alias Claude Harmel ( 1916-2011) fut à la tête d'un Institut Supérieur du Travail , le concepteur et formateur de la CFT , groupe
anti-syndical de choc du patronat. Récemment encore et en dépit de son grand âge , il animait des réunions patronales à Neuilly avant de calencher en 2011.

Pour illustrer la pensée et les espoirs de ce Guy Lemonnier alias Claude Harmel , voici un extrait de l'éditorial qu'il signait le 5 août 44, dans l'hebdomadaire du RNP, sous le titre "Conséquences
d'une trahison" (l'attentat contre Hitler, du 20 juillet 1944) :

"En termes mesurés, l'éditorialiste du 'Pariser Zeitung' écrivait le 29 juillet, qu'il existe un lien entre la trahison du 20 juillet et la situation critique qui existe dans le secteur central du
front de l'Est'...Puisque le mal tient à la faute de quelques hommes, alors tous les espoirs sont permis. La force réelle de la Wehrmacht reste intacte...L'Allemagne hitlérienne avait besoin de
grandes trahisons. Elle avait besoin que se démasque enfin la clique misérable des traîtres qui obstruaient les voies de l'avenir. C'est maintenant chose faite. Hitler est libre maintenant pour
mener son peuple au socialisme et à la victoire".

Cette mâle profession de foi, exprimée par Harmel-Lemonnier vingt jours avant la Libération de Paris, permit néanmoins à son auteur de reprendre du service dans le sillage de son ami, Georges
Albertini, jusqu'à la mort de celui-ci, en 1983.

Entre parenthèses , un vert de gris au service d'un patronat de choc qui qualifie son führer Hitler de "socialiste" , cà relève d'une profonde perversion du language dont les nazis étaient
coutumiers .

fabien666 29/02/2012 22:50

DOMMAGE QUE DES CONS COMME CELUI QUI A FAIT CET ARTICLE CRACHE SUR LA FLAMME DU FN EN DISANT QU'ILS SONT RACISTES C'EST DU N'IMPORTE QUOI!!TU PRÉFÈRE SARKO OU CHIRAC OU UN AUTRE INCAPABLE, QUE
MARINE? A CROIRE QUE TU PRÉFÉRE CHIRAC QUI A RIEN BRANLER DE SA VIE, AVEC MARINE TOUT VA BOUGER!!! VIVE LE FN!!!

ledaoen ... 01/03/2012 11:01



Ce qui est amusant avec les aficionados du FN, c'est que leurs argumentaires en eux même montrent ce qu'ils sont. Des personnes agressives, haineuses et d'une inculture crasse.


CQFD donc, rien à ajouter. Merci à vous d'abonder dans mon sens.


PS : Marine c'est pas le nom d'un déshodorisant de chiottes ?



dubois 19/12/2010 17:12


Bonjour je trouve votre article fort interessant car ojbectif sans être insultant. c'est rare de nos jours, un article écrit sans euphémisme et avec des arguments tengibles et non stéréautypés,
ceux qui vous insultes doivent sans doute faire partis de la mouvance ideologique que vous décrviée. Le seul problême de votre article c'est que vous ne donné pas toutes les sources (je suis en fac
de science, il me faut des preuves désolé)(sauf pour les journaux) qui vous ont permis d'écrire tout ceci.


ledaoen ... 29/12/2010 17:51



Merci infiniment pour votre commentaire bien agréable à lire.


Je serais ravi de vous donner les sources de tel ou tel point qui vous intéresse, vous n'avez qu'à me le demander à mon adresse : contact@ledaoen.net.


Bien cordialement.


ledaoen ...