Le bloc notes de ledaoen ...

Publié le par ledaoen ...

En 2002, Lionel Jospin menait le PS – et la France - à l’abattoir, les français lui ayant préféré pour le deuxième tour un borgne éructant et abruti néo-bardéchien. On peut trouver toutes les meilleures raisons du monde à cet échec, éclatement des forces de gauche, tendance trop libérale du PS, coups bas portés par les soutiens médiatiques de la droite (comme si les soutiens médiatiques de la gauche n’avaient pas portés eux aussi leurs coups bas en parlant notamment de l’usure du Président en place). Il n’en reste pas moins que celui qui a l’époque était le chef quasi-incontesté d’une gauche « plurielle » qui somme toute n’avait pas fait que de grosses bêtises  alors qu’elle était aux affaires pendant 5 ans, a été balayé le temps d’un premier tour au lendemain duquel l’ensemble du pays et de la classe politique se retrouva glacé d’effroi à l’idée de ce qui venait de lui arriver. La France avait pour 15 jours un président potentiel néo-fasciste, et en tant que candidat favori de la gauche, Lionel Jospin en portait une part de responsabilité. Qu’a-t-il fait ? Il a annoncé publiquement et avec grandiloquence, tel un chien battu mais vexé comme un pou, qu’il se retirait définitivement de la vie politique française, laissant à ses corelégionnaires le soin de se dépatouiller avec une des pires crises politiques qu’avait connu la France depuis longtemps, et ses amis du PS se démerder avec un parti devenu coquille vide. Il s’en est allé retrouver sa campagne, vexé, laissant tout son petit monde dans le cambouis, et jurant qu’on ne l’y reprendrait plus. C’était idiot, présomptueux et lâche, d’une abominable lâcheté venant d’un premier ministre en exercice, leader de la gauche, au moment où le pays tout entier se devait d’affronter la possibilité – même tout à fait improbable – d’une crise majeure de régime.
Aujourd’hui, Lionel est de retour, resté planqué pendant tout ce temps, il pointe son nez à nouveau au moment de la désignation des candidats à l’investiture par le parti socialiste, la gueule enfarinée, comme si de rien n’était, proclamant haut et fort, avec des trémolos dans la voix et en essuyant une larme médiatique, qu’il n’avait jamais abandonné ses poussins et qu’on l’avait mal compris.
Je n’ai que mépris pour un tel comportement. Il est tout à fait représentatif de ce que les français détestent chez nos politiques, le mensonge, la duplicité, la lâcheté … En gros, prendre ses électeurs pour des cons, les mépriser royalement, pour revenir leur chanter des chansons douces au moment des échéances électorales pour revenir à la soupe aux voix et aux responsabilités électives.
Ce comportement est indigne, surtout venant d’une personne comme Lionel Jospin, qui n’est pas le plus idiot loin s’en faut parmi notre personnel politique.
Tant qu’un tel mépris des électeurs perdureras chez nos politiques, notre pays continuera de sombrer dans la déprime, dans le rejet global de la chose politique et dans le « tous pourri » qui profite si bien aux déjections bardechiennes d’un Lepen ou aux populismes franchouilles post-goulag d’un Bové ou d’un Besancenot.
Honte à toi Lionel.

Aujourd’hui, un film est sorti, dont on nous a dit qu’il était l’événement cinématographique de la rentrée. Soit, le film « Indigène » de Rachid Bouchareb, avec Jamel Debouze et Sami Naceri a été porté par le festival de Cannes et très bien préparé médiatiquement. Je ne l’ai pas vu et il s’agit certainement d’une œuvre intéressante et de très bonne qualité qui relate l’histoire des soldats étrangers issus des colonies et enrôlés dans l’armée française pendant la guerre. Mais à quoi avons-nous assisté à cette occasion ? A un ballet médiatique où même le président Jacques Chirac a essuyé une larme et a été « profondément bouleversé » par le film, décidant immédiatement de relever les pensions des anciens combattants issus de ces troupes.
Pensons-nous vraiment qu’il a fallu un film avec Jamel Debouze pour que le président de la République française apprenne le sort de ces soldats qui ont servis de chair à canon, massacrés bien souvent en premières lignes sur des front perdus et pour être ensuite rejetés comme des chiens avec des pensions minables ? Notre président est-il si inculte que cela de l’histoire de France ? Ou bien simplement cette mesure d’augmentation des pensions est-elle possible aujourd’hui car moins coûteuse en raison du grand nombre de ses anciens combattants qui sont morts de vieillesse aujourd’hui ? Franchement … Nous en sommes arrivés à un tel stade de la politique spectacle que nous avait prévu Guy Deport en son temps, que les décisions gouvernementales inspirées par le Président de la République découlent de la sortie de films grand publics… On croit rêver.
Chirac qui décide de ses décisions politiques dans un cinéma de quartier … Encore une fois c’est prendre diablement les électeurs pour des ânes.

C'est à la fois une insulte à ces combattants oubliés, et une utilisation nauséabonde de ce film qui ne le méritait certainement pas. Ceci dit à voir comment ses acteurs et réalisateurs jouent le jeu sur les plateaux de télé, j'en suis venu à me le demander finalement.

J’apprends aujourd’hui que la direction d’une des plus grande salle d’Opéra de Berlin a décidé d’annuler la représentation d’un Opéra de Mozart (de Mozart !!!) pour ne pas heurter la sensibilité des musulmans qui pourraient se sentir blessés par une scène de cet Opéra (Idomeneo, 1781) où le roi de Crête rapporte les têtes de Poséidon, de Jésus, de Bouddha et de Mahomet et les pose sur quatre chaises … Cet Opéra, déjà présenté en décembre 2003, devait être à nouveau présenté en novembre de cette année … mais la directrice du Deutsche Oper, Kirsten Harms, en a décidé autrement, sous prétexte qu’elle ne souhaitait pas risquer des troubles pendant la représentation. Curieusement on ne s'est pas demandé s'il pouvait heurter la sensibilité des chrétiens ou des bouddhistes.
Voila où nous en sommes arrivés. C’est le grand retour de la notion de blasphème qui décide de la création artistique. Voltaire réveille toi ils sont devenus fous !
J’ai parfois l’impression qu’on ne se rend pas compte de la gravité de la situation. Aujourd’hui, en Europe, en raison d’une religion manipulées par des arriérés mentaux fanatiques, on tue des cinéastes (Théo Van Gogh aux Pays Bas, poignardé par un fou de dieu, personne n’a rien dit en France, à cette époque, on manifestait contre la mort de l’ourse Cannelle, c’était quand même plus important), on brûle des ambassades pour des caricatures, on interdit au Pape de lire un texte datant du XVe siècle, et aujourd’hui on annule la représentation d’un opéra de Mozart … Bientôt l’interdiction aux femmes de circuler librement (outrage à la pudeurs des musulmans) ? L’interdiction de vendre du porc dans les lieux publics (outrage à la sensibilité musulmane) ? Et puis quoi encore ?
Il est temps de dire stop à ces nouvelles grenouilles de bénitiers, de revenir au rationalisme athée qui fit la grandeur de la République et de la Démocratie, de lutter contre toutes les formes de prosélytisme religieux, de protéger les artistes ou les créations menacés, par la force s’il le faut. Le religieux n’a rien à faire en politique et en démocratie, il est affaire privée. Et à l’heure où le parlement va bientôt statuer sur une loi interdisant le tabac dans tous les lieux publics, je propose qu’il en fasse de même pour les religions, qui sont tout aussi meurtrières si ce n'est plus, et cela depuis la nuit des temps.

ledaoen le 27/09/2006

Publié dans Actualité

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xav 14/10/2006 00:46

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