Congo-Brazzaville : Réveil douloureux, mais plein d'Espoir, par Urbain-Roussel M'Vouama

Publié le par ledaoen ...

 



Chers Compatriotes, Chers Amis du Congo,

De son vivant, Mao-Tsé-Toung disait : "On peut tromper une partie du Peuple pendant un temps, mais on ne peut pas tromper tout le Peuple tout le temps".

Le 12 juillet 2009, le Peuple congolais avisé, a démontré par un fort taux d'abstention, sa détermination à en finir avec les marchands de promesses et autres girouettes avides d'argent et de pouvoir absolu, tels que Kolélas, Yhombi, Tamba, Ganao...pour ne citer que ceux-là. Toute personne qui a peur de la Démocratie transparente, a forcément quelque chose à se reprocher ou à perdre. Surtout lorsqu'on a pris goût aux fastes des Palais présidentiels, et aux privilèges inhérents aux hautes fonctions politiques, militaires ou administratives...

Ceci étant dit, je ne cherche pas à rentrer dans des polémiques post-électorales. Tout Congolais conscient et soucieux de la chose politique, sait que Sassou-Nguesso n'a pas été réélu conformément aux règles fondamentales régissant la démocratie pluraliste dans une Nation dite souveraine. Le clientélisme, la corruption, l'intimidation et autres "pratiques terroristes", ont été privilégiées au détriment des préoccupations majeures et vitales du Peuple congolais.

Ainsi, après vingt cinq années de Pouvoir dictatorial ayant consisté à mépriser les constitutions, et à s'enrichir de manière démeusurée tout en soudoyant les "opposants" par l'argent, ce "Président" nous promet enfin en 2009, de l'eau, de l'électricité, des soins médicaux, des écoles fréquentables et des routes praticables... Comme si toutes ces infrastructures n'avaient jamais existé au Congo-Brazzaville, avant et après la date du 05 février 1979 : l'arrivée au pouvoir de "l'Homme des masses". Le constat actuel est que les "masses" de Sassou-Nguesso ne se limitent plus qu'à un clan de thuriféraires zélés plus ou moins opportunistes, et autres affairistes néo-coloniaux...

"Un Chef, ça se respecte !" martelait Sassou-Nguesso lors d'un entretien publié dans Jeune Afrique n° 2299 en l'an 2005. Dans le n°2306 de la même année, je répliquais en ces termes : "Quand ceux qui commandent perdent  la notion de la honte, ceux qui obéissent perdent la notion de respect - Un Chef qui se respecte, c'est celui qui sait parfois, se remettre en question". Et non celui qui s'obstine à persister dans l'erreur. Car cet entêtement égocentrique devient tôt ou tard diabolique. Il est grand temps que ce Président "mal élu" comprenne qu'il n'est pas éternel ; et que le Peuple congolais a rejeté depuis 1992, les pratiques machiavéliques du monopartisme à savoir : les assassinats, l'endoctrinement, le musellement et l'asservissement des masses populaires. Car la Politique est passée des paroles démagogiques aux actes constructifs.

J'ose espérer que la requête légitime du candidat Mathias DZON retiendra l'attention de la Cour Constitutionnelle du Congo-Brazzaville ; laquelle hélas, s'est souvent montrée partiale voire partisane quant au règlement des litiges internes. Tout congolais a en mémoire les pressions politiques exercées sur les juges, lors du procès de l'affaire des "disparus du beach". Aussi longtemps que les esprits sains, dévoués et désintéressés seront arbitrairement exclus du pouvoir et du dialogue national sans exclusive, il n'y aura pas d'espoir pour le Congo et sa jeunesse, aujourd'hui en perdition faute de repères moraux et de perspectives d'Avenir. Mais où va l'Argent généré par l'exportation des matières premières stratégiques ? Pendant que la grande majorité des congolais sombrent dans la misère totale et la mendicité. Véritable constat d'échec politique et socio-économique. En politique, il y a un acte courageux et honorable qui s'appelle : Démission. Sinon, surveillez bien vos casseroles de lait sur le feu. Car ça déborde...

Urbain-Roussel  M'VOUAMA
Besançon, le 21 juillet 2009

 

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