L'Amérique osera-t-elle ?

Publié le par ledaoen ...

      


A cinq jours de l’élection présidentielle américaine, et devant les incertitudes historiques qui planent sur l’évolution du monde, j’ai voulu tout d’abord vous dire que bien entendu, je votais Obama, mais aussi que nos histrions politiques français, qu’ils soient de gauche, du PS ou issus des nouveaux miasmes néo-trotskystes d’un parti qui est tellement constructif qu’il ne trouve pour se nommer qu’un « anti »-truc, je veux leur dire à tous, qu’au-delà de leurs rodomontades permanentes contre la démocratie américaine, la plus ancienne du monde, ils feraient bien de s’inspirer un tantinet de ce qui se passe là bas. Que Obama soit élu ou qu’il ne le soit pas.

Nos gauchistesfranchouillards et donneurs de leçons sont tous pro-Obama bien entendu, à condition  que ce soit aux Etats-Unis, car ce n’est pas demain la veille que le PS, ni même le parti de Besancenot, investiront un noir, un arabe ou un asiatique d’origine pour les représenter à la magistrature suprême.

Tous pour Obama, mais aux Etats Unis hein, surtout pas chez nous !

Rien n’est gagné sur le front de l’élection américaine, et ce malgré les sondages positifs pour le candidat démocrate.

Mais rien ne sera non plus jamais comme avant.

Bonne lecture.

ledaoen …

 

L'Amérique osera-t-elle ?, par Raphael J. Sonenshein et Frédérick Douzet

A en croire les sondages, les Américains s'apprêteraient bel et bien à faire d'un candidat noir l'homme politique le plus puissant du monde. Et pourtant, nombre de commentateurs restent dubitatifs. Faut-il croire ces sondages ? L'Amérique est-elle vraiment prête à dépasser ses clivages raciaux pour élire un président noir ?

Le spectre de Tom Bradley hante les observateurs qui craignent qu'à l'instar de l'ancien maire noir de Los Angeles, Barak Obama fasse l'objet d'une surestimation des sondages. En 1982, Tom Bradley faisait la course en tête pour le poste de gouverneur de Californie jusqu'au jour de l'élection, qu'il perdit de quelques voix. Surpris et désabusés, les commentateurs estimèrent que les électeurs blancs avaient menti sur leurs intentions de vote, ce que les médias appellent l'"effet Bradley".

La forte participation des républicains pour contrer une mesure de contrôle des armes à feu, judicieusement mise au vote, ainsi qu'une campagne républicaine exceptionnelle de vote par correspondance, pouvaient aussi expliquer la défaite de Bradley. Les politologues débattent depuis pour savoir s'il existe réellement un "effet Bradley" et s'il faut en tenir compte aujourd'hui. Mais qu'il y en ait un ou non, le facteur racial fait indubitablement partie de la campagne.

Moins de deux semaines avant l'élection présidentielle, près de 85 % des électeurs ont arrêté leur choix et ne changeront probablement pas d'avis. L'incertitude réside donc dans le taux de participation et surtout dans le choix des électeurs encore indécis, curieusement mal étudiés par les sondeurs, qui peuvent encore basculer dans un camp ou dans l'autre de manière déterminante. Or, pour ces électeurs, le facteur racial peut s'avérer important. Reste à savoir à quel point.

La question raciale peut se manifester de maintes manières. Les électeurs blancs indécis peuvent considérer qu'Obama est plus radical qu'un autre démocrate parce qu'il est noir. Ils peuvent être sensibles aux rumeurs qui circulent par courriel et autres accusations fantaisistes parce qu'il est d'une autre race. Obama doit garder son calme en toutes circonstances pour ne pas coller au stéréotype de l'homme noir enragé, ce qu'il fait d'ailleurs avec grande aisance, visiblement imperturbable. D'autres électeurs enfin ne livrent leurs préjugés qu'en privé et s'abstiennent de répondre aux sondages. Si McCain réussit à convaincre ces démocrates blancs, généralement plus âgés, ambivalents sur la question raciale, il pourrait remporter la Pennsylvanie et la Floride et gagner l'élection.

Mais cette campagne est exceptionnelle à plus d'un titre, ce qui pourrait bien reléguer l'enjeu racial au second plan. La crise financière qui se mue en récession économique démultiplie le mécontentement et l'inquiétude accumulés par la population au cours des années de guerre en Irak. Les électeurs tiennent généralement le gouvernement en place pour principal responsable des problèmes économiques du pays. Dans le cas de McCain, la filiation n'est pas automatique, puisqu'il n'est pas un candidat sortant, mais la crise joue clairement à l'avantage des démocrates. Les indécis relativisent le risque d'élire un candidat noir nouveau dans le paysage politique à l'aune du désastre économique hérité des années Bush.

Or le président des Etats-Unis dispose d'une réelle influence sur le destin économique du pays. C'est ce qui a permis à Obama de recentrer sa campagne sur les enjeux fondamentaux du pouvoir et d'ignorer les attaques personnelles et raciales comme de triviales tentatives de distraction. La crise l'a conduit à sortir d'une rhétorique de changement qui finissait par tourner à vide pour creuser au cours des deux derniers mois un écart remarquable avec son adversaire, en s'attaquant avec constance, subtilité et professionnalisme, aux questions de fond qui préoccupent les Américains. Face à lui, le candidat John McCain s'est révélé moins convaincant que prévu, menant une campagne plus désorganisée, aux moyens financiers nettement inférieurs et qui peine à se démarquer d'une administration sortante qui bat des records d'impopularité.

Sa colistière Sarah Palin séduit la frange la plus conservatrice du parti, qui lui était déjà acquise, mais n'a aucune crédibilité comme future présidente, ce qui au regard de l'âge et des antécédents de santé de McCain est préoccupant pour bien des électeurs. Du coup, l'élite intellectuelle du pays s'est largement ralliée à Obama, y compris le Chicago Tribune, qui n'avait jamais soutenu de candidat démocrate, et même le républicain Colin Powell, ancien chef de la diplomatie de George Bush, qui a longuement expliqué qu'Obama est le président dont l'Amérique a besoin aujourd'hui.

Barack Obama, par son histoire personnelle et la nature de sa campagne, démontre une habileté extraordinaire à franchir les lignes ethniques, raciales et générationnelles et à susciter l'enthousiasme d'une armée de militants mobilisés lors de la campagne des primaires et dont le soutien et la vigueur ne se démentent pas. Il est fort possible que les voix qu'Obama perdrait pour cause de préjugés raciaux soient compensées par celles de nouveaux électeurs (des jeunes, des Africains-Américains, des Latinos) qui s'inscrivent massivement sur les listes électorales dans une campagne silencieuse savamment pilotée par sa base, très organisée et efficace.

Les politologues ont coutume de dire que les électeurs ne votent pas en fonction de leur intérêt, mais de leur identité. Malgré toutes les avancées des techniques de sondage et les connaissances de la science politique, ce qui se passe dans la tête de l'électeur au moment de la prise de décision reste un mystère. Avec la campagne de McCain focalisée sur les valeurs identitaires et la campagne d'Obama centrée sur l'économie, l'élection du 4 novembre sera un test grandeur nature des motivations profondes de l'électorat américain.

Raphael J. Sonenshein est titulaire de la chaire de prestige Tocqueville-Fulbright à l'université Paris-VIII.

Frédérick Douzet est maître de conférences à l'Institut français de géopolitique de l'université Paris-VIII.

Article dans son édition originale



Barack Obama ou le retour de l'Atlantique, par Felix Marquardt

On me pardonnera un goût prononcé pour l'euphémisme : il n'a pas toujours été aisé récemment d'être américain et fier de l'être. Intervention désastreuse en Irak, double mandat Bush, unilatéralisme effréné - les raisons sont légion. De père allemand et autrichien et de mère new-yorkaise d'origine grecque, j'"oubliais" volontiers mon passeport américain lors de certains voyages ces dernières années.

A cette dégradation de l'image des Etats-Unis s'ajoute un phénomène dont on ne saisit pas encore toute la portée. L'Amérique d'aujourd'hui n'est plus la "nation dangereuse", décrite par Robert Kagan. La crise financière mondiale et son corollaire le plus abracadabrant, la remise en question de dogmes économiques dont le pays s'était fait le champion et autour duquel il était parvenu à imposer un consensus quasi universel, ont achevé de le dévêtir.

Contrairement à mes concitoyens européens, le choix de mon champion dans cette course à la Maison Blanche est récent. Car si le caractère historique de la candidature Obama est évident, celle de John McCain (qui est d'ailleurs bien plus populaire en Asie qu'en Europe) aussi mérite qu'on la prenne au sérieux. Le parallèle avec George Bush, qui tourne souvent à l'amalgame, est navrant pour quiconque suit un tant soit peu la vie politique américaine.

Le sénateur de l'Arizona est le candidat le plus ouvert et sophistiqué que les républicains aient soumis au suffrage universel indirect depuis Dwight Eisenhower, voire depuis Teddy Roosevelt. John McCain s'est démené comme un diable pour obtenir la fermeture de Guantanamo. Il a appelé à une légalisation massive de millions d'immigrés clandestins que compte le pays, se mettant ainsi à dos une majorité de républicains, et s'est attaqué aux règles, parfois scandaleuses, qui gouvernent le financement des partis.

Pour toutes ces raisons, et malgré son choix de Sarah Palin comme colistière, sans doute judicieux jusqu'à un certain point politiquement mais effrayant dans l'absolu, le New-Yorkais démocrate tendance latte que je suis (en gros, un démocrate avec une fâcheuse tendance à faire élire des maires républicains) a trouvé un charme indéniable au discours de McCain pendant une grande partie de sa campagne.

Mais c'est le lien transatlantique qui me fera voter Obama. La notion selon laquelle le monde se porte mieux lorsque les Etats-Unis et l'Europe s'entendent est pour ainsi dire inscrite dans mon ADN. Le corollaire de cette Weltanschauung est que le monde se perd à mesure que le lien transatlantique se désagrège. Or, quelles extrémités n'avons-nous pas atteintes ces dernières années en la matière ? ! Depuis le 11-Septembre, les Américains ont découvert avec une incrédulité grandissante les limites de leur puissance militaire pure sans la légitimité morale que leur confère le soutien des Européens, elle-même condition sine qua non du soutien du reste de la planète.

Pendant ce temps, les Européens ont pris conscience des limites, tout aussi contraignantes, dusoft power (expression inventée par Joseph Nye, de la Kennedy School à Harvard, qui a trait à la capacité d'un pays à provoquer de manière indirecte l'empathie et l'adhésion à son projet politique et culturel) dans un monde parfois plus hobbesien qu'ils ne voudraient bien l'admettre.

L'"Obamania" qui s'est emparée de l'Europe fait naître d'immenses attentes et est donc certaine de faire des déçus. Mais il ne fait aucun doute que le rejet de l'unilatéralisme qui caractérise le discours du candidat démocrate permettra le resserrement du lien transatlantique. Les Européens et surtout les Américains, qui n'imaginaient pas voir leur statut d'hyperpuissance remis en cause à si brève échéance, en ont bien besoin.

Mais il existe une autre raison justifiant mon vote qui transcende la première et toutes les autres. Comme le suggère Stefan Zweig tout au long de ses merveilleux Mémoires, le XXesiècle n'a vraiment débuté qu'avec l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand à Sarajevo, tout comme il s'est sans doute achevé avec la chute du mur de Berlin. D'aucuns, j'en faisais partie, pensaient que le XXIe siècle avait commencé le 11 septembre 2001. C'était là un point de vue occidental, voire étroitement américain. Par-dessus tout, j'ai voté pour Barack Obama parce que, s'il est élu 44e président des Etats-Unis, c'est pour le monde entier que le XXIesiècle débutera.

 


Felix Marquardt est président de Marquardt & Marquardt.

Article dans son édition originale

Publié dans Histoire

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David C. 02/11/2008 00:23

Brown, DSK et Obama : même combat !

http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2008/10/30/dominique-strauss-kahn-je-proposerai-au-g20-un-plan-de-nouvelle-gouvernance-mondiale_1112710_1101386.html

http://elections-americaines.lesechos.fr/article.php?id_article=2272

Depuis quelques semaines, l’oligarchie financière internationale est entrain de s’organiser pour prendre le contrôle total sur le système financier international à l’issu du 15 novembre. Il y a une tentative brutale de transformer ce sommet en British Woods. Déjà beaucoup de rumeurs courent sur l’échec de ce sommet, un méga crack est annoncé pour le lundi 17 novembre.

Le problème de ces Loperello de l’oligarchie financière, ils croient que le système est seulement boiteux ! Il pense qu’il suffit quelques corrections pour sauver le système de la City et Wall Street.

Mais la vérité, c’est que ce n’est pas une simple crise financière! C’est que le système est MORT !

Il est temps pour les citoyens et les décideurs de comprendre les réels enjeux du Bretton Woods II à Washington du 15 novembre 2008. C’est ici que seront défini nos vies et celle de nos enfants pour le pire et pour le meilleur.

DSK a raison sur une chose beaucoup de choses changent à toutes les niveaux en ce moment.

Citoyen ! lève toi ! et mobilise toi pour transformer cette réunion capital pour notre avenir.

Afin d’aiguiser vos convictions politiques et économiques pour dire NON au Hold up de l’oligarchie financière. Je vous invite à prendre connaissance des éléments d’un VRAI Nouveau Bretton Woods ! http://david.cabas.over-blog.fr/pages/La_recette_dun_VRAI_Nouveau_Breton_Woods-816002.html

Je vous invite aussi à lire l’interview de Jacques Cheminade sur Capital.fr : http://www.capital.fr/Actualite/Default.asp?numpage=&Cat=ACT&numero=71347&interview=O&source=FI

Tout savoir sur le VRAI Nouveau Bretton Woods : www.nouveau-bretton woods.com

David C.
david.cabas.over-blog.fr

ledaoen ... 03/11/2008 08:31


pffff ... Incroyable celui là !
Je vous ai déja dit que ce site n'était pas une plate-forme de propagande pour des organisations sectaires liées à l'extrême droite conspirationniste et antisémite américaine. (voir commentaires
dans article "la crise vue par Delanoë").
Je n'ai pas l'habitude de supprimer des commentaires sur ce site mais je peux vous assurer que si vousd poursuivez dans votre propagande à la con, je vais vous coller un super dossier ici même sur
votre gourou Cheminade et son maître à penser Larouche qui ne sera pas piqué des vers ... et que je saurais en faire la publicité qui lui convient.


guy 31/10/2008 14:33

Obama une révolution ? Non, milles fois non, malheureusement pour le monde. Un petit mieux tout simplement, personne d'autres raisonnables à se présenter. Et les français, comme d'autres dans des pays, se réjouissent, quelle désinformation. Partisan de la peine de mort, contre l'avortement, riche, menteur, prétentieux, et surtout le sacré saint : DIEU. Dieu dollar aussi. Quelle tristese.

ledaoen ... 03/11/2008 08:25


Qui a parlé d'une révolution ?
Les états Unis d'Amérique n'ont pas comme réputation d'avoir des habitudes révolutionnaires, et grand bien lui en fit durant leur courte histoire, car du coup ils n'ont pas connu non plus de
terreur, de nazisme, de bolchevisme, de fascisme, de collaboration etc ... 
Obama n'a en effet rien d'un révolutionnaire. 
Pour le reste je vous laisse à votre analyse de très haute volée.