Les femmes, antidote à la crise boursière, par Annie Kahn

Publié le par ledaoen ...



Plus une entreprise compte de femmes - et de femmes cadres en particulier - dans ses effectifs, moins son cours de Bourse a baissé depuis le début de l'année. Ce qui pourrait sembler être une élucubration féministe est, en fait, le résultat d'une étude de Michel Ferrary, professeur en gestion de ressources humaines à la Business School du Ceram (Ecole supérieure de commerce à Nice-Sophia Antipolis).

Avec ses élèves, il a dépouillé les bilans sociaux de quarante grandes entreprises françaises, celles du CAC 40 qui indiquent le pourcentage de femmes parmi leurs salariés d'une part, et parmi leur population cadres, d'autre part. Soit 35 entreprises. Plus quatre grandes firmes qui publient ces données, mais ne font pas partie du CAC. "Ces taux ont été croisés par une analyse de corrélation et de régression avec l'évolution du cours de Bourse des actions de ces entreprises entre le 1er janvier et le 10 octobre. Les deux types de tests se révèlent significatifs : celles qui ont un fort taux de féminisation résistent mieux aux tourmentes des marchés boursiers", conclut M. Ferrary.

Ainsi, Alcatel Lucent, qui, malgré le passage de l'Américaine Pat Russo comme PDG, a le plus bas taux de féminisation (8,68 %), a aussi vu son cours de Bourse s'effondrer. Tandis que LVMH, qui a l'encadrement le plus féminisé (55 %) a vu le sien progresser de 9,32 % durant la période.

Certes, on dira que le secteur joue, que celui du luxe a peut-être moins souffert que d'autres, qu'en outre LVMH est la proie de rumeurs propices à une hausse de son cours...

Mais le constat reste vrai au sein d'un même secteur. Celui de la banque, en particulier. BNP Paribas, qui a le mieux résisté au krach, depuis le début de l'année, a le taux de féminisation de son encadrement le plus important des banques françaises. Inversement, le Crédit agricole, dont le cours a chuté de 50,41 % sur la période, a le taux de femmes cadres le plus faible.

Pour M. Ferrary, la différence de comportement des femmes managers expliquerait ce phénomène. Il n'est pas le seul à le penser. Une étude Ipsos, menée les 10 et 11 octobre, pour le Women's Forum, indique que 57 % des Français estiment que les femmes qui dirigent des entreprises ont une manière différente de gérer les risques économiques (un avis partagé par 60 % des femmes).

"Le style de management des femmes diffère de celui des hommes, notamment en matière de prise de risque", analyse M. Ferrary. "Les femmes tendraient à prendre des décisions moins risquées. Lors d'un krach, les marchés financiers récompenseraient implicitement les stratégies plus prudentes-conservatrices des femmes et sanctionneraient les stratégies plus audacieuses-dangereuses des hommes", ajoute-t-il.

L'Islande a compris la leçon. Elle a nommé deux femmes pour diriger les deux banques que le gouvernement vient de créer pour sauver le pays de la faillite. "C'est typique. Les hommes mettent le "bazar" et les femmes arrivent pour tout remettre en ordre", a expliqué un banquier au très sérieux Financial Times, qui publie ces propos dans son édition du 14 octobre.

Annie Kahn

Pour Le Monde

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CARAMBAOLE :0114: 15/10/2008 18:31

Un beau post bien écrit
et instructif

ledaoen ... 17/10/2008 14:43


Merci à vous.
Il est temps que les femmes prennent les choses en main.
Peut être irons nous alors un peu mieux.
ledaoen ...