Le crépuscule de la République, par Alexandre Del Valle

Publié le par Alexandre Del Valle


La France, championne de la cause palestinienne en Europe, et dont tant de « Jeunes » et de moins jeunes arborent l'écharpe mythique de l'OLP, avait apprécié l'Intafada des Fedayin palestiniens. Elle appréciera celle des « Territoires perdus de la République »... Paris avait si souvent fustigé les « dérives sécuritaires d'Israël » face aux « résistants palestiniens » armés, comme nos « jeunes », de « simples pierres » et de coktails molotov. Elle aura appris à ses dépends qu'une Intifada peut en cacher une autre et que les Fedayin sont bien moins enthousiasmants chez soi que chez les autres !

Mais « l'Intifada française » a ceci de particulier - que, comme jadis dans les camps d'entraînement terroristes palestiniens du Liban, les Guérilleros musulmans « progressistes » en lutte « contre l'injustice » bénéficient de l'appui rhétorique et politique de mouvements révolutionnaires d'extrême-gauche ainsi que de la compassion démagogique de toute une gauche caviar, sans oublier les tirades paternalistes démagogiquement « anti-racistes » d'un président de la République déclinant qui n'ose même plus nommer les voyous et les casseurs par leur nom. Feignant de ne pas voir ni comprendre la légitime indignation des Français, notamment de ceux qui aimeraient être libérés des sauvageons qui terrorisent leurs banlieues,jadis paisibles, le Président de la République a cru bon de plaindre les criminels insurgés plutôt que leurs victimes directes : celles qui ont vu leurs voitures brûlées ! Toute cette nébuleuse politiquement correct s'évertuant à trouver des excuses à des fauteurs de troubles et des barbares que rien n'excuse et qui s'en sont pris de surcroît en premier lieu aux leurs !

Récupération islamiste ou nouvelle trahison des Clercs ?

Pire encore, alors que les émeutiers-pyromanes qui ont mis la République des banlieues à feu et à sang n'ont pas grand-chose à voir avec des Musulmans pieux et observants, intellectuels, médias et responsables politiques sont tombés dans le piège néo-obscurantiste consistant à identifier les Jeunes incendiaires à une rébellion de « Musulmans » et de « Fils de l'immigration ». Outre le fait que la plupart d'entre ces « Jeunes » sont Français depuis bien plus longtemps que l'auteur de ces lignes et que nombre d'entre eux ne sont même pas musulmans (30 à 40% de « Gaulois » et de « Black » non-musulmans), nos dirigeants ont cru bon de livrer une fois de plus en pâture les arrières-petits-fils de l'immigration extra-européenne et les nouveaux « déshérités » des Banlieues aux Organisations islamistes fondamentalistes comme l'UOIF ou de la FNMF. Même si ces dernières ne sont pas les organisateurs directs des émeutes, elles n'attendaient que cela pour parfaire leur image de nouveaux « médiateurs » verts d'une République agonisante qu'ils entendent bien islamiser, à commencer par ses territoires déjà perdus, ceux des « banlieues de l'islam » que les pouvoirs publics ont depuis des années déjà confiées de facto aux islamistes les plus fanatiques mais rompus à merveille aux techniques du double discours, la Takiyya.

Des « Jeunes » ainsi « assignés à islamité » malgré eux que l'on a cru pendant près de quarante ans pouvoir intégrer en les traitant avec un paternalisme hypocrite quasi-néocolonial reposant sur le postulat terrible selon lequel « les Lumières ce n'est pas pour eux » : car ceux là mêmes qui ont lutté contre les Curés et les Rabins en France, ceux là même qui ont tenu à déchristianiser la France et ont exigé de ne pas mentionner les origines judéo-chrétiennes de l'Europe dans le projet de Traité constitutionnel rejeté en mai 2005, ceux là même qui ont été les vigilants continuateurs anticléricaux du Ministère Combes et qui masquent leur inaction derrière des pseudo « Fronts républicains »et un discours hypocritement « anti-raciste », ont été les premiers à livrer nos jeunes concitoyens français « musulmans » en pâture à des Imams.

D'évidence, la facture socio-politique de cette nouvelle trahison des Clercs sera lourde, voire impossible à solder, tant il s'agit d'une bombe à retardement dont la puissance de détonation s'accroît chaque année, à la mesure des nouvelles compromissions et des concessions accordées aux loups théocrates déguisés en agneaux républicains, tels un Tariq ramadan de ce fait réhabilité médiatiquement ou les organisations proches des Frères musulmans qui instrumentalisent le discours « laïc » et « républicain » en France alors qu'ils soutiennent - au nom du Califat théocratique - le Hamas en Palestine et le Jihad, dans des pays que leur idéologie totalitaire a plongés dans la guerre civile (Irak, Algérie, Pakistan, Tchétchénie, Soudan,etc).

En réalité, les « jeunes casseurs » en question sont tous sauf des Musulmans pratiquants. S'ils se sentent « Muslims », ce n'est pas parce qu'ils sont pieux mais parce qu'ils voient dans l'islamisme de type Intifada ou Black Muslim une idéologie « virile » et révolutionnaire justifiant leur nihilisme dévastateur et leur haine sans fondements. L'Islam n'est pour eux qu'une appartenance ethno-communautariste rassemblant la masse de rebelles réfractaires à l'Ordre républicain et « gaulois ». Un ordre qu'ils feignent d'autant plus de dépeindre illégitime et répressif que les rares policiers qui osent encore s'aventurer dans leurs quartiers livrés aux trafiquants de drogue risquent de perturber l'économie parallèle qu'ils ont mis en place depuis des années au détriment des habitants honnêtes de ces cités de non-droit et sur fond de démission d'une République-Etat-Providence  qui s'occupe de plus en plus de tout, sauf de ses missions régaliennes prioritaires : assurer la sécurité des citoyens.

 Pour nombre d'entre eux, l'Islamisme à la Ben Laden ou celui incarné par les terroristes palestiniens ressemble à un double passeport « pro-palestinien » pour la violence gratuite et la judéophobie, d'où ces cris terrifiants entendus dans les banlieues alors que les voitures flambaient : « Allah OuAkbar », « Sarkozy sale Juif, sale fasciste »... A tort qualifiés par le Président Chirac de « victimes du racisme » et des discriminations », ces nouveaux fedayin des banlieues qui criaient « Allah OuAkbar », « Mort aux Juifs » et « Vive Ben Laden » sont en réalité des fausses victimes et de vrais bourreaux, des faux « anti-racistes » et de vrais néo-racistes, englobant dans une même haine viscérale les « Bourgeois », les « Chrétiens-Gaulois » et les « Sionistes ».

 Qui sont les vrais responsables ?

C'est dans ce contexte général de démission des pouvoirs publics qu'il convient de replacer les émeutes-incendiaires de ces dernières semaines. Et plutôt que d'accuser le pompier d'être un pyromane, il convient de rappeler que ce n'est point le Ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, qui a « provoqué » les « déshérités » des banlieues en qualifiant les voyous-barbares de « racailles », mais ces derniers qui ont déclenché des émeutes en réaction à une politique de rétablissement progressif de l'ordre et de la loi courageusement initiée par Nicolas Sarkozy depuis plusieurs mois. En réalité, l'aspect positif de cette grave crise réside dans le fait que les bandes en voie de démantèlement n'apprécient pas que la loi commence à s'appliquer à eux, car pour la première fois depuis des années, un Ministre tente de façon humaine (« sans bavures ») mais ferme et impitoyable, de rétablir l'ordre et la justice dans les banlieues afin que celles-ci ne ressemblent pas aux camps d'entraînement des terroristes palestiniens qui mirent le Liban à feu et à sang dans les années 70-80 et qui étaient eux aussi devenus des centres du trafic international de stupéfiants.

Il est tant de ne plus inverser les rôles.

Car les adeptes de la « bien-pensance » « anti-raciste » de Gauche ou d'extrême Gauche ne peuvent pas ignorer que toute l'action de Nicolas Sarkozy consiste justement à relancer la machine à intégrer, ce qui passe non seulement parles mesures humaines révolutionnaires proposées par ce dernier (discrimination positive, etc), mais également par une nécessaire distinction entre les « Jeunes » et les « Voyous » qu'il est grand temps de ranger dans deux catégories bien différentes, faute de quoi l'amalgame le plus terrible finira par rentrer dans les m½urs pour le plus grand malheur des « Jeunes »  honnêtes et des enfants de l'immigration qui aimeraient s'en sortir et rêvent de ne pas être assimilés ni à une « communauté religieuse » islamique néo-tribale ni à une catégorie-épouvantail « Jeune », devenue synonyme d'émeutiers-pyromanes.

Il est grand temps de désigner par leurs noms et non en insultant les Jeunes honnêtes les réels responsables de ces deux amalgames-destructeurs et de la plus formidable opération de déstabilisation de la République depuis Mai 68 : les adeptes de la Révolution permanente, les néo-Gauchistes, les « alter-mondialistes » tiersmondistes radicaux, les Néo-trotskistes et autres Che Guévaristes et révolutionnaires Rouges qui sont parvenus à instaurer, depuis le début des années 80, l'amalgame ravageur Pauvres-Banlieues-Fils d'immigrés=Musulmans=Victimes... Et dont la nouvelle stratégie post-Guerre froide a consisté à opérer une vaste alliance avec tous les milieux subversifs anti-occidentaux, en particulier les islamistes, les organisations arabes pro-palestiniennes radicales et autres Blacks Muslims, avec comme prétexte et nouvelles armées néo-prolétaires d'appoint les forces vives d'une immigration extra-européenne et musulmane qu'ils veulent incontrôlable et pléthore.

 Les organisations trotskistes et autres cellules révolutionnaires d'extrême gauche dressant maintes passerelles avec les temples du politiquement correct médiatique (Le Monde, le Monde diplomatique, etc) ont en effet, depuis des décennies, démagogiquement distillé dans les « banlieues de l'Islam » - au nom de l'« antiracisme » et de « l'intégration » - une pensée victimiste visant à faire croire que les « Musulmans » dans leur ensemble seraient « persécutés » ; que nous serions tous des « fils de tortionnaires en Algérie », et que seule une insurrection générale et un retour au communautarisme islamique pourraient les « libérer » du carcan « intolérant » de la République « islamophobe » et « laïcarde ». Véritable bombe à retardement dont seulement un des premiers détonateurs vient  d'exploser dans les banlieues.

L'alliance du Rouge et du Vert...

Ce front « rouge-vert » extrêmement dangereux a semé dans les consciences des jeunes fils d'immigrés musulmans le virus de la haine révolutionnaire, le venin du victimisme déresponsabilisant, la tentation insurrectionnelle tant glorifiée à travers la figure victimaire rebelle par excellence que sont les Fedayin palestiniens à la fois chers aux agitateurs d'extrême gauche et aux organisations islamistes. Tout cela multiplié par la spirale déresponsabilisante de l'Etat Providence-Assistanat-déclin de l'esprit civique qui, depuis Mai 68, a détrôné le sens de l'effort et le goût du Travail au profit d'un traitement social du chômage, de la « désobéissance civile » et des « politiques de la Ville ».

 Il n'y a donc aucune surprise à constater que les quartiers qui s'en prennent violemment aux voitures-symboles de la « société qui travaille », puis aux « Flics » et aux « Gaulois » sont les mêmes que ceux qui ont brûlé des écoles juives, attaqué des synagogues depuis la nouvelle Intifada Al Aqsa, et défié l'Ordre établi au nom d'une « révolte » dont ils comprennent à peine eux-mêmes les contours. Et ceux qui les soutiennent au nom du victimisme sont les mêmes que ceux qui orchestrent l'occupation des Eglises par les « Sans Papiers », en réalité des clandestins en situation totalement illégale violant la loi républicaine qui devraient être immédiatement expulsés si l'on pouvait encore appliquer la dans la République. Mais délégitimée dans ses fonctions régaliennes, celle-ci est de facto dirigée non pas par ceux qui votent les lois après avoir été démocratiquement élus par les citoyens, mais par des Juges irresponsables et des « Ligues de vertu » (MRAP,Ligue des Droits de l'Homme, DAL) autoproclamées et comme par hasard liées à la LCR ou au parti communiste français...

Un Ministre qui dérange : pro-israélien, sécuritaire et libéral !

 Il n'est pas non plus trop étonnant que les responsables de Gauche et d'extrême-gauche s'en prennent plus aux dérapages de Nicolas Sarkozy sur les « racailles » ou le « karsher » qu'aux actes de néo-barbarie commis par les Bandes encagoulées défiant la République et dont les premières victimes sont leurs propres familles et les habitants (majoritairement musulmans !) de leurs propres quartiers saccagés. Il est vrai que le Ministre de l'Intérieur, en réhabilitant le sens de l'effort et du Travail puis en qualifiant les voyous par leurs noms ne peut qu'être détesté et diabolisé par les Bobos cinquantenaires installés dans les médias et les partis de Gauche qui ont crié « CRS SS » en Mai 68 et n'ont jamais totalement rompu avec l'idéologie de la Révolution permanente tant que celle-ci ne dévaste pas leurs riches quartiers de la Rive gauche.

 Toujours est-il que ce mélange victimiste-révolutionnaire rouge-vert est une véritable bombe qui risque un jour de faire voler en éclats la République. Cette bombe est d'autant plus dangereuse et destructrice que si elle n'est pas d'origine proprement islamique, ses artificiers premiers que sont les révolutionnaires d'extrême-gauche pro-palestiniens lui ont donné une coloration « islamique ». Ceci n'a été que trop favorisé par la sur-médiatisation de l'Intifada palestinienne et l'identification « Gaza-Banlieues », elle-même liée à l'amalgame « Occident-Sioniste-Etat répressif ». Piégés par cette stratégie d'Intifada légitimée par un pseudo « antiracisme » et culpabilisés par la nouvelle arme mise au point par les Rouges-Verts qu'est l'accusation « d'islamophobie », nos leaders politiques croient pouvoir calmer la nouvelle Intifada française en courtisant les organisations islamiques. Aussi les préfets et les responsables politiques de la première République laïque du monde, reçoivent-ils maintenant en grande pompe les « autorités islamiques » en les investissant du rôle de l'appel au calme et du rétablissement de l'ordre « républicain »...

Extraordinaire ruse de l'Histoire, formidable manifestation d'hypocrisie, c'est désormais une organisation pro-palestinienne radicale et fondamentaliste, l'UOIF, qui a soutenu moralement les Jihads palestinien, tchétchène, bosniaque et adhère à une vision salafiste de l'Islam justifiant la peine de mort pour l'apostasie puis la lutte armée pour défendre l'islam (voir le livre de chevet de l'UOIF « Le licite et l'illicite »), qui appelle au calme et déclare que « le Coran condamne la violence »... , lorsque les rapports de force sont défavorables ou lorsque le Jihad n'est pas utile, personne ne faisant obstacle à l'extension de l'Islam, bien au contraire.

 A l'instar du Premier Ministre turc Recep Taiyyip Erdogan qui estime que toutes « ces révoltes sont dues à la loi française républicaine qui interdit le voile » (sic), comme si nos concitoyens issus de l'immigration maghrébine étaient tous des pratiquants scrupuleux, l'UOIF et les principales organisations islamistes françaises et européennes ont en réalité exactement la même stratégie que celle de l'Ayatollah Khomeyni en 1979 ou le Hamas palestinien depuis 1996 : utiliser un climat insurrectionnel fomenté au départ par l'extrême gauche tiersmondiste et « anti-impérialiste » pour en prendre finalement le contrôle.

 La conclusion est terrible mais bien réaliste : le fait que l'on courtise les Imams obscurantistes pour rétablir l'ordre post-républicain est à mettre en parallèle avec l'ouverture des négociations d'adhésion avec la Turquie réislamisée d'Erdogan et avec la passivité européenne vis-à-vis du danger de l'Iran islamiste en train de se nucléariser: la mentalité néo-munichoise progresse en France et en Europe, et l'esprit de la dhimmitude fait son chemin, au plus grand bénéfice des pseudos « islamistes modérés » qui, en Turquie (AKP d'Erdogan) comme dans les Banlieues (Frères musulmans), ont beau jeu de dénoncer « l'islamophobie » et escomptent récupérer les nouvelles Intifada qui se profilent. Une Intifada réactivée par Téhéran qui appelle à « rayer Israël de la carte » dans la plus grande indifférence de l'Europe. Le postulat munichois est le même dans les trois cas : « mieux vaut avoir les islamistes avec soi que contre soi »...

Alexandre Del Valle
Géopolitologue, Vice président de la « droite libre » (UMP), auteur du Totalitarisme islamiste à l'assaut des démocraties (Les Syrtes, 2004) et du Dilemme turc,les vrais enjeux de la candidature d'Ankara (Les Syrtes, 2005).

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lilou 19/12/2005 16:46

oh mais tu sais que je t'aime toi! Enfin un qui se tient informe! Bravo. Je reviendrai.
Joyeux Noel et Bonne continuation

Une toute petite israelienne!

ledaoen ... 19/12/2005 19:45

Merci à vous pour ce gentil message.
Et bisous à votre magnifique petite Julie.
Amicalement,
ledaoen ...