CYCLE 06

Publié le par ledaoen ...

A mon vrai réveil j’ai appris par Alexandra que nous étions lundi déjà, en gros j’avais passé presque 24 heures dans le coltard, shooté à mort, j’avais perdu beaucoup de sang et en fin de compte j’étais même pas passé bien loin de la grande faucheuse. Je m’étais littéralement vidé dans la voiture d’Alex qui a joué à l’ambulance à fond les gamelles pour me ramener au plus vite au centre hospitalier. Dire qu’elle me demandait toujours de faire gaffe avec mes clopes, de ne pas laisser traîner mes mégots ou laisser tomber quelques cendres sur le velours des sièges de sa petite mini. Là elle allait être servie côté nettoyage.

Alexandra, fidèle à elle-même, et se surpassant pour l’occasion en raison sans doute d’un vague sentiment de culpabilité, avait tout pris en main. Elle avait prévenu le groupe que je ne viendrais pas à la répétition, ni aux prochaines d’ailleurs, avait appelé la boite pour prévenir de mon absence, rempli toute la paperasse administrative, porté plainte chez les flics et tout le reste. Parait que le château était vide quand ils sont arrivés, que les propriétaires n’étaient pas là et qu’il n’y avait qu’une entreprise de restauration de bâtiments historiques qui devait traîner par là de temps en temps. Le château n’appartenait même pas au domaine public, il n’y avait donc même pas moyen de le visiter ce jour là. Les flics passeraient pour m’interroger à l’hosto cet après midi, Ils voulaient ma version des faits. J’en avais pour quinze jours à rester planté là et n’avais même pas réussi à faire le moindre reproche à Alex, elle était décomposée la pauvre, dégouttée, c’était pas la peine d’en rajouter, et puis la façon dont elle avait posé ses lèvres sur le coin de ma bouche lorsque j’ai fait semblant de me réveiller m’a ôté en quelques secondes toute agressivité inutile. Elle faisait un peu moins la maligne avec moi et c’était déjà ça de gagné.

Fallait pas trop en demander quand même. C’était Alex.

 

Les flics sont passé dans l’après midi pour enregistrer ma plainte, bêtes et gentils, visiblement rien à foutre de notre histoire, la routine, ils voulaient que je décrive les mecs que j’avais vu sortir du château, autant dire qu’ils demandaient l’impossible. Ils m’ont dit bon, vous serez convoqué à votre sortie de l’hôpital pour consulter des photos et voir si vous reconnaissez quelqu’un.

J’avais rencontré pas mal de flics, certains m’avaient même impressionné par une capacité étonnante à déceler les conneries planquées derrière ce que je leur racontais, mais je n’en ai jamais rencontré un seul qui m’éblouisse par la finesse de son jugement, ou la pertinence de ses hypothèses. C’était assez facile de s’en sortir une fois qu’on avait pigé comment ils fonctionnaient. Les juges d’instruction, surtout les nanas, c’était une autre paire de manche. Je vois encore cette salope de juge, la trentaine, tout juste, moulée dans un tailleur Versace plus que correctement sexy, assise en face de moi sur son bureau alors que je pendouillais lamentablement sur ma chaise en aluminium, menottes aux poignets et tête baissée après une garde à vue plutôt tendue, me dire tranquillement en croisant les jambes juste assez haut pour que le haut de ses bas apparaisse sous la jupe :

-         Alors vous ne voulez pas nous dire ce que nous savons déjà ? A savoir que c’est ce Mamoud Tounsi qui vous a revendu les 250 grammes qu’on a retrouvé dans votre appartement ? Ok. Ben je vais vous coller en taule mon garçon, quelques mois de préventive ça va peut être vous faire réfléchir non ?

Et le tout avec le même ton, le même regard, le même sourire que si elle venait délicatement d’enlever sa culotte et qu’elle me la tendait.

Deux heures plus tard je marchais tout droit, coincé dans un survete informe, tenant devant moi mon paquetage, en fait un oreiller, une couverture et une trousse de toilette sommaire, deux gardiens en uniforme autour de moi, des dizaines de regards mauvais des détenus dans la tronche, en direction d’une cellule où m’attendait un gitan analphabète, costaud comme un bœuf et qui venait de massacrer l’amant de sa mère à coups de hache. J’avais juste eu le temps d’embrasser mon gosse et ma femme dans le couloir du tribunal. Dire au revoir à son fils de trois ans avec les menottes au poignet alors qu’on sait pas quand on va le revoir est une expérience que je ne souhaite à personne. Ils m’ont collé dans le fourgon et direct à la maison d’arrêt du coin. A poil, tout ce que j’avais sur moi disparut dans un casier, avec inventaire complet à signer, main dans la gorge, doigt dans le cul (vous me direz vaut mieux ça que dans l’autre sens), douche, survete et hop, le gros gitan.

La juge et ses bas sous le tailleur, son sourire de salope au moment de vous trucider, c’était la dernière image porno qui me restait pour bander. Quand je pensais à ma femme, je bandais pas je chialais. Presque tous les mecs de la taule qui étaient passé entre ses griffes c’était pareil, le soir, elle avait droit à un gigantesque gang bang virtuel au milieu de la cour de promenade de la prison.

Elle le savait bien, ça devait être son truc.

Sur que les flics connaissaient mon passé, si ça se trouve ils étaient déjà en train de se demander si par hasard je n’étais pas de mèche avec le doberman du château enchanté. Mais bon. Ils m’ont pas branché là-dessus.

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ledaoen ...

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dr m 15/12/2005 09:06

bon .... la suite !!!!
Viiiiiiiiiiiite