Silence liquide

Publié le par ledaoen

Le monde rougeoie. Il s'enflamme.
Moi, je vole, chargé, au dessus du feu.
Calme.
Aube. Explosions silencieuses nimbées de vapeur épaisse.
Lumière renaissante. Premier cycle.

 


Tous, ils dorment depuis longtemps déjà, épuisés de ripailles, de vins et de rires partagés. Le chat vient se frotter à mes pieds, miaulant et minaudant, dans l'espoir de grappiller quelques croquettes. La table sous le frêne est chargée de verres, bouteilles vides, cendriers pleins.

 

 

Il fait jour à présent, j'éteins le vieil halogène qui éclaira l'arbre, par en dessous, toute la nuit, et tous ceux qu'il entourait de sa bienveillante protection plusieurs fois centenaire. Lumière jaune et violente qui jouait avec le feuillage, feux d'artifices statiques dans la nuit.

 

 

Le petit poste diffuse toujours le même cd, en boucle depuis trois bonnes heures, Liquid, de Recoil. Rythmiques lentes enveloppées de nappes mystiques, chants androgynes d'outre-tombe, boucles profondes et glacées. Nefs romanes brisées par les lasers multicolores des sons electro-analogiques. Carbone et silicium. Musique de fin d'humanité. Fusion des cath édrales et des stations spatiales. Improbable symphonie des nouveaux mondes.

Je me lève péniblement, et je vais pisser face à la boule de feu qui enflamme la colline d'en face. La vallée en contrebas sous mes pieds, et le fleuve qui danse tout en bas, langoureux, qui transpire, qui sue, qui suinte d'une vapeur qui envahit les forêts tout autour. Brumes rampantes matinales.

La journée s'annonce bien.

 

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